Pierre-Antoine Burgala – Iroko : SCPI Iroko Zen, « nous avons collecté plus de 35 millions d’euros »

Immobilier - En novembre 2021, la SCPI Iroko Zen fête son premier anniversaire. Qu'est-ce qui différencie cette SCPI digitale du reste du marché de la pierre-papier ? Pierre-Antoine Burgala, Directeur du Développement et Associé d'Iroko, répond en exclusivité aux questions du Courrier Financier.

Malgré la crise sanitaire, le marché des SCPI se porte bien en 2021. Dans ce contexte, la fintech de l’épargne Iroko — agréée en tant que société de gestion — s’apprête à fêter le premier anniversaire de sa SCPI Iroko Zen en novembre prochain. En date du 30 septembre dernier, cette SCPI digitale affichait un taux de rendement moyen de 6,75 %‍ acte en main. Quelles sont les particularité de son modèle, qui exclut les commissions de souscription ? Qu’est-ce que la digitalisation du marché de l’épargne apporte aux SCPI ? Pierre-Antoine Burgala, Directeur du Développement et Associé d’Iroko, répond au Courrier Financier.

Le Courrier Financier : Vous êtes une fintech de l’épargne. Qu’est-ce qui vous différencie des SCPI traditionnelles ?

Pierre-Antoine Burgala - Iroko : SCPI Iroko Zen, « nous avons collecté plus de 35 millions d'euros »
Pierre-Antoine Burgala

Pierre-Antoine Burgala : Iroko a la particularité d’être autant société de gestion que fintech. Être une fintech ne veut pour autant pas dire remplacer l’humain par les machines. Le mariage au sein d’Iroko d’acteurs du monde de l’immobilier et d’acteurs du web nous permet d’automatiser un grand nombre de tâches extrêmement chronophages : la saisie des dossiers, leurs suivis, le paiement des dividendes notamment.

Ces automatisations nous offrent davantage de temps à consacrer à des missions à forte valeur ajoutée : nos comités d’investissement ou encore les échanges avec nos partenaires ou nos investisseurs. Nous utilisons la force du numérique pour rendre notre activité la plus transparente sur nos frais et nos acquisitions, la plus accessible, la plus pédagogique et la plus ludique pour nos partenaires et leurs clients. Le digital et la transparence sont des concepts dont tout le monde parle. Chez nous, c’est du concret. La souscription peut être faite en huit minutes, en quelques clics.

C.F. : Quel bilan pour la collecte de votre SCPI IROKO ZEN, un an après son lancement ?

P.A.B. : Nous soufflerons la première bougie d’Iroko Zen en novembre. Et pour cet anniversaire, nous imaginions une collecte d’environ 15 millions d’euros. Dès le lancement de notre fonds, nous étions convaincus de nos qualités : absence de commissions de souscription, souhait de diversification thématique et géographique, appétit pour le granulaire sur des actifs à taille modeste, plus rentables et souvent moins concurrencés, focus sur les activités essentielles des utilisateurs.

Ces qualités — largement appréciées par nos partenaires et nos clients — nous ont permis d’aller au delà de nos ambitions, puisque nous nous félicitons d’avoir collecté à ce jour plus de 35 millions d’euros.

C.F. : A quoi servent les frais de souscription des SCPI ? Pourquoi n’y en a-t-il pas chez IROKO ?

P.A.B. : Les commissions de souscription servent historiquement à rémunérer la société de gestion et les distributeurs des SCPI. En ramenant la commission de souscription à 0 %, nous avons souhaité aligner les intérêts de la société de gestion, nos partenaires et nos clients.

Pour le client, c’est simple, il va consommer son investissement comme n’importe quel autre placement. Il ne paiera plus trois ans de rendement pour voir. S’il en est satisfait, il reste. S’il n’est pas convaincu, il sort. Nous lui offrons une liberté qu’il n’a historiquement pas sur la SCPI.

Pour la société de gestion, cela nous pousse à ne pas nous contenter de collecter mais plutôt à bien investir et à bien gérer puisque toute notre rémunération est variable et fonction de nos résultats. Enfin, pour nos partenaires conseillers en gestion de patrimoine (CGP), nous leur versons une rémunération sur encours qui vient récompenser son travail annuel auprès du client — et valoriser son cabinet dans la durée.

C.F. : Les épargnants doivent-ils s’attendre à un délai de jouissance plus long ?

P.A.B. : Notre délai de jouissance est aujourd’hui dans les meilleurs standards du marché, puisque nous nous donnons trois mois plein pour employer l’épargne de nos investisseurs. C’est un avantage concurrentiel que nous souhaitons conserver le plus longtemps. [NDLR : le délai de jouissance est le décalage entre la date de souscription et la date du versement des premiers dividendes. En 2021 sur le marché français des SCPI, ce délai peut varier entre trois et six mois]

C.F. : Dans un contexte post-Covid, comment diversifiez-vous votre portefeuille en 2021 ?

P.A.B. : La SCPI Iroko ZEN a vocation à accompagner les transitions démographiques, numériques et générationnelles et donc à refléter les utilisations de l’immobilier qui sont faites aujourd’hui et seront faites demain par les utilisateurs.

Forte d’un mouvement de fond exacerbé par la crise sanitaire, elle se positionne sur des actifs en France et en Europe de l’Ouest sur les activités essentielles des utilisateurs — que ce soit en bureaux adaptés, en commerces (alimentation, activité liée à la petite enfance ou médical), qu’en e-commerce porté par la logistique et les entrepôts.

C.F. : En mai dernier, vous avez reçu le label ISR immobilier. Quel impact sur votre développement ?

P.A.B. : Nous sommes très fiers de ce label et nous sommes convaincus qu’il deviendra une norme. Il s’agit pour nous de la preuve d’une véritable mentalité d’investissement et d’un souhait de ne pas opposer performance et engagement. A travers nos acquisitions et notre gestion, nous cherchons aussi à anticiper les futures évolutions règlementaires.

Pour concrétiser et donner des moyens à cette ambition, au-delà du label, la société de gestion a un dispositif unique de partage de valeur. Une fois l’objectif de performance de 5,50 % atteint, la SCPI réinvestit 20 % de l’excédent dans des actions d’amélioration de son parc immobilier.

Mathilde Hodouin - Le Courrier Financier

Rédactrice en chef

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