France : l’inflation va-t-elle revenir à 2 % d’ici fin 2022 ?

Actualités - En décembre 2021, l'inflation atteignait 2,8 % en France sur un an glissant d'après les chiffres de l'Insee. Comment le phénomène va-t-il évoluer dans les prochains mois ? L'inflation peut-elle revenir sous 2 % d'ici fin 2022 ?

France : comment ramener l'inflation à 2 % en 2022 ?

(Conception : Mathilde Hodouin – Réalisation : Amandine Victor)

Chassez l’inflation par la porte, elle revient par la fenêtre. Ce mercredi 12 janvier, la commission des finances du Sénat recevait plusieurs économistes « sur le niveau de l’inflation, ses perspectives et ses conséquences à moyen terme ». L’inflation est à son plus haut depuis 2018, portée par la hausse des prix de l’énergie et des produits manufacturés. Ce vendredi 14 janvier, l’Insee confirme que les prix à la consommation ont augmenté de +2,8 % sur un an glissant en décembre dernier (et de +0,2 % sur le seul mois de décembre 2021). Le phénomène pourrait durer jusqu’en juin prochain, avec une inflation au-dessus de 2,5 %.

Revenir à l’objectif de 2 % d’inflation

De son côté, la Banque de France mise sur une « bosse » de l’inflation. Dans cette hypothèse, elle devrait reculer pour revenir sous les 2 % (en données harmonisées) d’ici fin 2022. « Je garantis que nous, la Banque centrale européenne, la Banque de France, nous ferons ce qu’il faut pour que l’inflation revienne autour de 2 % dans la durée », a déclaré François Villeroy de Galhau, gouverneur de la Banque de France, ce mercredi 12 janvier sur la chaîne LCI. La France s’en sort mieux que le reste de la zone euro, où les prix à la consommation ont augmenté +5 % sur un an glissant en décembre dernier — un record lié à la crise sanitaire.

D’après la Banque de France, tout dépendra de la durée de la bosse. « Elle s’explique essentiellement par les prix de l’énergie (…) Nous pensons que nous sommes assez proches du sommet de la bosse », a indiqué François Villeroy de Galhau. Sur un an glissant, les prix de l’énergie ont ralenti en décembre dernier (+18,5 % après +21,6 %), d’après les chiffres de l’Insee. De son côté, la BCE pense que la hausse de l’inflation ralentira d’elle-même — le phénomène étant, à ses yeux, alimenté par des facteurs transitoires. En mars prochain, l’institution mettra fin à son programme de rachats d’actifs d’urgence face à la pandémie (PEPP).

Quelle hausse pour les livrets d’épargne ?

Au vu de l’inflation au S2 2021, le Gouverneur de la Banque de France propose ce vendredi une hausse du taux du Livret A à 1 % et du Livret d’Epargne Populaire (LEP) à 2,2 %. L’institution calcule chaque semestre le taux de rémunération des livrets d’épargne réglementée. L’application mécanique de la formule aboutirait à un taux du Livret A de 0,8 % à partir du 1er février prochain. « Le gouverneur de la Banque de France peut toutefois proposer au ministre de l’Économie et des Finances un autre taux que celui qui résulte de la seule application de la formule en invoquant des circonstances exceptionnelles », rappelle la Banque de France.

Les prévisions de la Banque de France prévoient une baisse de l’inflation sous 2 % d’ici fin 2022. « Le calcul du taux du livret A évoluera en conséquence en 2023 », assure l’institution. Objectif, mieux assurer la rémunération des détenteurs du livret A, sans pour autant créer un surcoût trop important. La Banque de France réitère au passage son soutien au LEP, « qui permet de protéger le pouvoir d’achat des épargnants aux revenus les plus modestes, et continuera à en assurer la promotion ». Près de 50 % des Français y seraient éligibles, pourtant le LEP reste sous-utilisé — malgré des modalités d’ouverture simplifiées depuis mars 2021.

Mathilde Hodouin - Le Courrier Financier

Rédactrice en chef

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