Zone euro : l’inflation devrait reculer moins vite que prévu d’après la BCE

Actualités - Cette semaine, la Banque centrale européenne (BCE) réaffirme son refus d'un resserrement monétaire pour lutter contre l'inflation. Le reflux sera plus lent que prévu mais se produira en 2022, assure l'institution. Faut-il craindre désormais des effets de second tour sur les salaires ? Le point avec Le Courrier Financier.

Zone euro : l'inflation devrait reculer moins vite que prévu

(Conception : Mathilde Hodouin – Réalisation : Amandine Victor)

Vers l’infini et au-delà ? En zone euro, l’inflation atteint son plus haut niveau depuis 13 ans. Elle a atteint 4,1 % en rythme annuel au mois d’octobre dernier, d’après les chiffres publiés ce mercredi 17 novembre par l’institut européen des statistiques Eurostat. Pourtant, la Banque centrale européenne (BCE) refuse d’entendre parler de resserrement monétaire pour contrer l’inflation. Ce lundi 15 novembre, sa présidente Christine Lagarde a déclaré qu’une telle mesure risquerait de freiner la reprise de la zone euro, rapporte Reuters. Les marchés financiers qui s’attendaient à une politique plus restrictive devront attendre encore.

Du temporaire qui dure

Certes, la flambée des prix pèse très fortement sur le pouvoir d’achat actuel des ménages. Mais la BCE continue de miser sur un reflux en 2022. « À un moment où le pouvoir d’achat est déjà comprimé par la hausse des factures d’énergie et de carburant, un resserrement excessif des conditions de financement n’est pas souhaitable et constituerait un obstacle injustifié à la reprise. Si nous devions prendre des mesures de resserrement maintenant, cela pourrait causer beaucoup plus de mal que de bien », a assuré Christine Lagarde, lors d’une audition par la Commission des affaires économiques et monétaires du Parlement européen.

Si la BCE mise toujours sur un recul à venir de l’inflation, sa présidente reconnaît que « la baisse prendra plus de temps que prévu initialement ». Du temporaire qui dure, en somme. Christine Lagarde a également fait valoir qu’il était très improbable que les conditions préalables à une hausse des taux soient réunies dès l’année prochaine. La BCE craint d’impacter l’économie européenne au moment où la hausse des prix se modèrerait de façon mécanique. En revanche, Christine Lagarde refuse de garantir qu’il n’y aura aucun resserrement monétaire en 2023. Reste à savoir si la croissance des salaires va également s’accélérer.

Une menace pour les salaires ?

Une hausse durable de l’inflation pourrait faire craindre des effets de second tour sur les salaires. Luis de Guindos, vice-président de l’institution, a indiqué ce mercredi 17 novembre que la BCE devait rester « attentive » et « vigilante » sur l’inflation. Si les goulets d’étranglement sur l’offre durent plus longtemps que prévu — avec pénuries à la clé — et que les prix de l’énergie continuent d’augmenter, l’inflation risquerait de dépasser les projections. Dans ce scénario, elle finirait par faire pression sur les salaires. « Nous devons éviter autant que possible ces effets de second tour. Il est très important d’éviter cette spirale salaires-prix », a déclaré Luis de Guindos.

Mathilde Hodouin - Le Courrier Financier

Rédactrice en chef

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