Etats-Unis : New York se classe ville la plus chère du monde

Actualités - Aux Etats-Unis, New York se classe désormais première ville la plus chère au monde. C'est ce qu'indique le rapport 2022 sur le coût de la vie, publié ce jeudi 1er décembre par The Economist. Quels facteurs expliquent l'évolution de ce classement annuel ? Le point avec Le Courrier Financier.

Etats-Unis : New York se classe ville la plus chère du monde

Conception Mathilde Hodouin – Réalisation Amandine Victor

« I want to be a part of it… New York ! New York ! », chantait Franck Sinatra en 1977. Désormais, c’est un rêve qui coûtera plus cher que n’importe où ailleurs. New York devient la première ville la plus chère au monde. C’est ce qu’indique le rapport 2022 sur le coût de la vie, publié ce jeudi 1er décembre par The Economist et relayé par l’AFP. Si la Grosse Pomme décroche ce record, c’est en partie lié à l’inflation. « Les prix ont flambé de 8,1 % en moyenne sur un an (en monnaie locale) dans 172 villes majeures autour du monde, la plus forte hausse enregistrée depuis au moins 20 ans », relève le magazine.

L’impact de la hausse du dollar

New York figure en tête du classement, à égalité avec la cité-Etat de Singapour. Les deux villes-monde détrône Tel-Aviv, qui se retrouve en troisième position. La capitale économique d’Israël occupait la première marche du podium l’année précédente. Elle est talonnée par Los Angeles (Californie) et Hong Kong, ex-aequo à la quatrième place. Le poids des Etats-Unis dans ce classement tient en partie à la vigueur du dollar, actif refuge renforcé par l’inflation. Pour réaliser son étude, The Economist convertit les prix à la consommation dans la devise américaine. La hausse actuelle du dollar induit donc un recul des prix hors-USA.

La crise énergétique pèse sur l’euro — qui atteint son plus bas depuis vingt ans — et sur les monnaies locales cet hiver. Hors Russie, la plupart des villes européennes descendent dans le classement. En France, Paris arrive en neuvième position du classement international et perd ainsi quatre places. Plus spectaculaire encore, la ville de Lyon (Rhône) dévisse de trente-quatre places pour se classer 90e. En miroir, le coût de la vie à Moscou et Saint-Petersbourg (Russie) grimpe en flèche. Cette flambée des prix reflète les sanctions occidentales, suite à la guerre en Ukraine. Par ailleurs, le marché de l’énergie soutient le rouble.

Conséquences de la crise énergétique

L’enquête de The Economist a été réalisée entre le 16 août et le 16 septembre derniers. La hausse des prix de l’énergie y est déjà particulièrement visible. L’essence grimpe de +22 % en monnaie locale — en tête des pôle de dépenses les plus importants, comme en 2021. Arrivent ensuite les hausses du prix de l’électricité, l’alimentation et des articles ménagers. Par opposition, les prix des loisirs demeurent plus modestes. Cette tendance « peut refléter une demande plus faible, alors que les consommateurs concentrent leurs dépenses sur les biens essentiels », analyse l’hebdomadaire britannique.

Les membres de l’Union européenne (UE) négocient actuellement pour plafonner les prix de l’énergie. Ce jeudi 1er décembre, rapporte Reuters, ils se sont mis provisoirement d’accord afin de limiter le prix du pétrole russe acheminé par voie maritime à 60 dollars le baril. L’UE prévoit un mécanisme d’ajustement qui permettrait de maintenir le plafond 5 % en dessous du prix du marché du brut en provenance de Russie — à partir des chiffres de l’Agence internationale de l’énergie (AIE). L’accord doit être approuvé par écrit par tous les gouvernements des pays membres. La Pologne n’a pas encore donné son accord.

Mathilde Hodouin - Le Courrier Financier

Rédactrice en chef

Voir tous les articles de Mathilde