Investir en Bourse : pourquoi (re)lire Le Guide du Routard avec LFDE ?

Actualités - Les éditions Hachette et La Financière de l'Echiquier publient en juillet 2019 une nouvelle version du « Guide du Routard de l'investissement en Bourse ». L'occasion pour les investisseurs de se plonger dans les arcanes de la finance. Un seul mot d'ordre, tout cela n'est pas bien sorcier !

« En France, la finance a mauvaise presse » Raison de plus pour faire œuvre de pédagogie. Les éditions Hachette publient le 3 juillet 2019 une nouvelle version du Guide du Routard de l’investissement en Bourse (9,90€ en version papier, 7,90€ en version numérique). Cet ouvrage de vulgarisation est co-signé par Philippe Gloaguen, Directeur du Guide du Routard, et Didier Le Menestrel, fondateur de La Financière de l’Echiquier (LFDE). Dès l’édito, le ton est donné : « Ce guide s’adresse aux curieux, aux intuitifs, à ceux qui ont l’envie de s’écarter des sentiers battus pour emprunter les chemins de l’investissement de long terme. Il incite à découvrir l’investissement en actions, qui finance des projets entrepreneuriaux et participe à la création de valeur et d’emplois. » Suivez le guide !

L’ISR, superstar de l’investissement

En 2016, la première édition du Guide du Routard de l’investissement militait déjà pour l’investissement en action. En 2019, la nouvelle version s’enrichit d’un chapitre dédié à l’investissement socialement responsable (ISR). « La création de valeur durable se nourrit d’équilibre et d’une gestion qui se préoccupe du monde de demain », souligne Didier Le Menestrel. C’est un autre rapport au temps, celui de l’investissement sur le long terme. L’ISR implique de recourir à des indicateurs « extra-financiers ». Dans ce cadre — outre les indicateurs fondamentaux de santé de l’entreprise — l’investisseur évalue la responsabilité sociale des entreprises (RSE) grâce à l’étude des critères environnementaux, sociaux et de gouvernance (ESG). Point positif, cette démarche vertueuse n’implique aucun sacrifice de performance financière.

L’ISR transpose au goût du jour une réflexion ancienne. « Une entreprise doit faire du profit, sinon elle mourra. Mais si l’on tente de faire fonctionner une entreprise uniquement sur le profit, elle mourra aussi car elle n’a pas sa raison d’être », expliquait Henri Ford dès 1900. Bonne nouvelle pour les Français, la loi Pacte votée en 2019 permet aux entreprises de se doter d’une raison d’être dans leurs statuts. Il existe aujourd’hui deux routes pour l’ISR : celle de l’exclusion des secteurs considérés comme « non éthiques » et celle de l’investissement thématique (énergies renouvelables, eau, thématiques sociales). Les exclusions sectorielles bannissent des secteurs d’activité — jeux d’argent, tabac, pornographie, etc. — quand les exclusions normatives rejettent les entreprises qui ne respectent pas les conventions internationales — droits de l’Homme et du travail, respect de l’environnement, lutte anti-corruption, etc.

Outre les traditionnelles stratégies de sélection — « best in class » selon les secteurs, « best in universe » pour les meilleures notes ESG, « best effort » pour l’amélioration des critères ESG — les marchés des obligations vertes connaissent une croissance exponentielle. Les particuliers se tournent aussi vers les stratégies à impact, nées dans le sillage du Private Equity. Dans la jungle des étiquettes disponibles, il existe un label ISR d’Etat créé en 2016. Vous trouverez des équivalences en Belgique (Febelfin), Luxembourg (Luxflag), Allemagne (FNG) et en Autriche (Umweltzeichen). C’est une terre à défricher, puisque les institutionnels pèsent encore 51 % des investissements ISR en France — contre 74 % dans le monde. Jetez un œil à votre épargne salariale : comme Monsieur Jourdain, vous faîtes peut-être déjà de l’ISR sans le savoir.

Les vertus de la variable temps

La variable temps reste fondamentale. Une stratégie d’investissement repose sur 4 critères : l’objectif à atteindre, l’horizon de placement, la tolérance au risque et le montant à investir. En termes temporels, investir à court terme — moins de 2 ans — signifie surtout s’en remettre à la chance pour dégager du rendement. Investir à moyen terme — entre 3 et 5 ans — permet d’équilibrer et de diversifier ses placements. Enfin, l’investissement à long terme — 5 ans et au-delà — permet de faire fructifier son épargne tout en se tenant à l’écart des turbulences de marché. C’est une stratégie intéressante pour les Français, qui conservent le plus gros bas de laine d’Europe. D’après l’étude Investor Pulse Survey (en anglais) publiée en 2016, près de neuf Français sur dix (87 %) mettent de l’argent de côté.

En dehors de sa météo — tempête, dépression ou encore vague de submersion — la Bourse connaît sa saisonnalité. En mai, la tendance est souvent au repli après 4 mois d’exercice. C’est le fameux adage « Sell in may and go away » (en anglais, « vendez en mai et partez »). En septembre, c’est la période des effondrements, quand octobre permet de définir les stratégies pour l’année à venir. Prenez de la distance avec les turbulences des marchés et leur bruit permanent. L’instantanéité n’est pas votre amie. « La Bourse n’est pas un sprint ; c’est un voyage qui s’apparente plutôt à une course au long cours, un marathon. Il faut parfois des années avant que les choix paient », précisent les auteurs de l’ouvrage. La patience révèle toutes ses vertus sur les marchés. Sur le temps long, les effets négatifs sont gommés et les performances lissées.

Ces essentiels à retenir

Pour finir, un peu de philosophie… Contrairement au Bourgeois gentilhomme dont nous parlions plus haut, vous n’avez pas besoin d’une leçon sur les voyelles. Gardez seulement 4 principes en tête : achetez ce que vous comprenez afin d’éviter les effets de mode et les arnaques ; concentrez-vous sur les hommes et leur vision quand vous investissez ; privilégiez la patience et le long terme à la spéculation ; ne confondez pas conviction et certitude, diversifiez vos investissements. Cette discipline sera votre meilleure alliée pour construire et gérer un portefeuille équilibré. « Il est temps de changer notre regard sur l’argent, de se réapproprier nos finances personnelles et notre avenir patrimonial », concluent Philippe Gloaguen et Didier Le Menestrel.

Mathilde Hodouin - Le Courrier Financier

Rédactrice en chef

Voir tous les articles de Mathilde