LA FINANCIÈRE DE L’ECHIQUIER

Créée en 1991, La Financière de l’Échiquier (LFDE) est l’une des principales sociétés de gestion entrepreneuriales en France. Son métier : l’investissement en entreprises cotées en Europe et dans le monde.

La Financière de l’Échiquier s’appuie sur son savoir-faire de gestion de conviction pour offrir à ses clients institutionnels, distributeurs et privés, les produits et solutions responsables dont ils ont besoin pour valoriser leur investissements.

La Financière de l’Échiquier gère aujourd’hui environ 9 milliards d’euros, compte plus de 130 salariés et est implantée commercialement en Allemagne, Espagne, Italie, Suisse, ainsi qu’au Benelux.

La Financière de l’Échiquier fait partie du groupe Primonial, leader indépendant, en France, de la conception, de la gestion et du conseil en solutions de placement.

Les dernières infos de LA FINANCIÈRE DE L’ECHIQUIER

"Rien n'est jamais acquis à l'homme"

LFDE

« Et quand il veut serrer son bonheur il le broie », ajoutait Louis Aragon. Bien malgré lui, les vers du poète communiste décrivent bien le sentiment actuel des investisseurs – même si eux non plus ne confondent pas bonheur et cours de Bourse !

En effet, 24 heures après que le Nasdaq a atteint son cours le plus élevé de son histoire, et le S&P compensé toutes ses pertes depuis le début de l’année, la journée du 11 juin a signé la pire performance des grands indices actions depuis les pires jours du mois de mars ! Selon les zones, ils ont brusquement perdu entre 3 et 6%. Pourtant, aucune nouvelle économique d’importance n’a été annoncée. De quoi le marché a-t-il pris peur ?

En premier lieu, …

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Valse à trois temps

LFDE

« Une valse à trois temps […] comme c’est charmant » chantait Jacques Brel au rythme endiablé de l’accordéon. Dansés sur le rythme tout aussi effréné de la hausse des marchés, les trois temps de la valse européenne ont indubitablement charmé les investisseurs.

Premier temps, mi-mai, avec l’ambitieuse proposition franco-allemande de relance, qui a ouvert la voie à la mutualisation de la dette au niveau européen, ainsi qu’au renforcement des mécanismes de solidarité. Deuxième temps,…

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L'Europe enfin ?

LFDE

« Nous étions au bord du gouffre, nous avons fait un grand pas en avant. » Cette célèbre maladresse rhétorique attribuée au défunt Président ivoirien Félix Houphouët-Boigny aurait longtemps pu servir de maxime à l’Union européenne, tant celle-ci a traîné, comme autant de boulets, son absence de cohésion, ses errements et ses erreurs. Il semblerait toutefois que l’Europe s’apprête à présent à faire un pas qui la porterait sur l’autre rive de la brèche ouverte par la crise du Covid-19.

L’initiative en revient au couple franco-allemand. Angela Merkel et Emmanuel Macron ont en effet annoncé…

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Les marronniers fleurissent au printemps

LFDE

Depuis mars dernier, un seul et unique sujet monopolisait la une des médias : la pandémie de coronavirus et ses conséquences sanitaires, sociales ou économiques. Nous assistons cependant depuis quelques jours au retour de marronniers sans doute trop rapidement mis de côté : la rivalité sino-américaine et le divorce du Brexit.
Après l’accord « phase one » qui a mis un terme à plusieurs mois de conflits commerciaux entre les Etats-Unis et la Chine, un certain apaisement était perceptible depuis janvier. C’était oublier trop vite le tempérament explosif du président américain. Adepte du concept de réalité alternative et friand de thèses complotistes, il n’a pas attendu longtemps pour…

La zone euro, de nouveau à la traîne ?

LFDE

12,4%. C’est le différentiel de performance entre l’indice phare de la Bourse américaine, le S&P 500, et son homologue européen, l’EuroStoxx 50, depuis le point bas du marché américain le 23 mars. Depuis le début de l’année, l’écart est à peu près le même : le marché américain surperforme le marché européen de 12% (-11,3% pour le S&P 500 et -23,3% pour l’EuroStoxx 50). Certes, ce différentiel est en partie en trompe l’œil, car la performance du S&P 500 est principalement tirée par quelques-uns de ses plus gros poids, les géants de la tech (les fameux GAFAM ) en particulier, qui représentent plus de 21% de l’indice. Depuis début 2020, l’indice GAFAM affiche en effet une hausse de 13,4% ! Evidemment, l’Europe est loin de posséder des mastodontes comparables.

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Le thème de la semaine : Derrick et Harry

LFDE

La semaine passée a vu se réunir coup sur coup deux des principales banques centrales mondiales, la Fed puis la BCE. Quelle différence ! Les marchés ne s’y sont pas trompé. Le soir de l’intervention de la Fed, les marchés clôturaient en nette hausse. Le soir de l’intervention de la BCE, en forte baisse… surtout les indices européens justement.

Et pourtant, la Fed n’a rien annoncé de neuf, à l’inverse de la BCE ! Mais la Fed avait déjà annoncé des innovations majeures le 9 avril, en particulier l’achat d’obligations spéculatives et de larges prêts à différents types d’institutions (entreprises, Etats non fédéraux, collectivités locales…). Le marché actions avait fortement monté sur ces annonces. On n’attendait donc rien de nouveau de sa part, à part….

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Le thème de la semaine : après la pluie, le beau temps ?

LFDE

Rédaction achevée le 24.04.20
Auteurs 
: Olivier de Berranger, CIO ; Clément Inbona, Fund Manager

 

Depuis le creux de mars dernier, les marchés actions ont nettement rebondi : autour de 28%, du plus bas au plus haut, pour le S&P 500, et jusqu’à 22% pour son homologue l’Euro Stoxx 50. Si les performances de ces deux indices depuis le début de l’année sont encore négatives, cette hausse marquée a de quoi interpeller dans la tempête que nous traversons.

Consommation au ralenti, investissement au point mort, explosion du chômage, cours du pétrole parfois négatifs, commerce international en berne, bénéfices des entreprises en net recul… sur le front économique, nous affrontons l’ouragan parfait. Pourtant, contre vents et marées, le baromètre boursier annonce des éclaircies. De prime abord, cela peut sembler paradoxal.

La photographie instantanée de l’économie n’a en réalité que peu d’impact sur la valorisation des actifs. Ce sont les perspectives futures qui influencent en premier lieu leur cours. Sans quoi les indices boursiers seraient au plus bas, car une nouvelle fois cette semaine, les indicateurs avancés d’activité économique – PMI, IFO, confiance des consommateurs pour ne citer qu’eux – ont touché des plus bas historiques, surprenant à la baisse des attentes déjà faibles. Par conséquent, l’amplitude de la récession mondiale a de nouveau été revue à la hausse par les principaux organismes supranationaux. L’économie mondiale est dans l’œil du cyclone à cause de la pandémie de Covid-19.

Alors pourquoi les indices actions semblent-ils protégés par un anticyclone ?

D’abord, parce qu’ils bénéficient d’une vague sans précédent de soutiens monétaires. En quelques semaines, ce ne sont pas des milliards mais des trillions (10^12 !) d’euros ou de dollars que la Fed et la BCE ont annoncé injecter. Autant et aussi vite : du jamais vu ! Les liquidités seront abondantes et pour longtemps. Face à une menace inflationniste quasi-inexistante, elles pourraient être encore s’amplifier fortement, au risque toutefois de faire entrer les marchés dans une économie de bulles.

Ensuite, parce que les gouvernements ont eux aussi agi massivement et rapidement, en déployant des mesures de soutien pour l’emploi, donc pour la consommation, ainsi que pour soulager la trésorerie des entreprises et éviter des faillites en cascade. De plus, les Etats se sont engagés à accélérer, la reprise, une fois l’horizon éclairci, avec de nouveaux plans de dépenses. La faiblesse des taux, administrés par les banques centrales, rend d’ailleurs ce surcroît d’endettement peu onéreux. Au niveau budgétaire également, les soutiens seront amples et durables et feront l’objet d’ajustements à la hausse.

Enfin, l’expansion de la pandémie commence à être circonscrite grâce à un confinement de plusieurs semaines, permettant d’envisager un déconfinement progressif. Sur le plan sanitaire et social, un ciel plus clément se dessine peu à peu à l’horizon.

Parce qu’ils sont des lieux de confrontation d’anticipations et que, sur de nombreux plans, les nuages se dissipent peu à peu, les marchés financiers anticipent déjà l’arrivée d’un été radieux après un hiver glacial.

 

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Les informations communiquées sont le résultat de recherches internes fondées sur la base des meilleures sources en notre possession et issues d’informations publiques. Elles sont réalisées par l’équipe de gestion dans le cadre de son activité de gestion d’OPC et non d’une activité d’analyse financière au sens de la réglementation. Elles ne sont pas constitutives d’un conseil en investissement.

La Financière de l’Échiquier décline toute responsabilité quant à la pertinence ou à la réalisation de ses prévisions.

 


Sous la lentille du microscope

LFDE

Auteurs : Olivier de Berranger, CIO ; Enguerrand Artaz, Fund Manager
Rédaction achevée le 17/04/2020.
Si les courbes de nouvelles contaminations et de décès sont toujours scrutées jour après jour par les investisseurs, l’attention portée à la situation sanitaire stricto sensu, et au virus lui-même, s’est progressivement déplacée vers les conséquences économiques de la pandémie. Ces derniers jours ont toutefois rappelé aux marchés qu’au-delà de la gestion de la pandémie, la composante sanitaire est une variable incertaine, susceptible d’influer fortement sur les scénarios économiques des prochains mois.
Différentes études font état de doutes sur le développement d’une immunité durable pour les personnes infectées. Si la production d’anticorps assurant une solide immunité à court terme semble attestée, il n’y a pas de certitude sur la pérennité de cette immunité. Ce qui rend la mise au point rapide d’un vaccin d’autant plus cruciale pour éviter la résurgence de la pandémie année après année. A court terme, les risques de seconde vague commencent à se concrétiser. Après l’apparition, fin mars, de nouveaux cas dans une partie de la province chinoise de Henan, conduisant à la mise en quarantaine du district de Jia, et alors que de nouveaux cas apparaissent à Pékin, c’est Singapour qui subit de plein fouet une deuxième vague de contamination, plus importante et rapide que la première. Cela laisse craindre un redémarrage de la pandémie si les stratégies de déconfinement des Etats ne sont pas appropriées.

Le potentiel de surprises positives n’est toutefois pas nul. Jeudi soir, l’action du laboratoire pharmaceutique américain Gilead s’est envolée de 16%, après la diffusion, depuis un forum interne de l’Université de Chicago, de résultats très encourageants sur l’efficacité d’un médicament expérimental, le remdesivir. Actuellement en phase III, le laboratoire attend des résultats complémentaires sur un plus large panel de patients atteints du Covid-19 fin avril. A ce stade, nulle raison de crier victoire. Les résultats sont parcellaires et la méthodologie de l’étude clinique assez éloignée des standards habituels (échantillon réduit, absence de « double aveugle », une étude placebo sur des malades sévères étant inenvisageable). De plus, même en cas de confirmation de l’efficacité du médicament par des protocoles plus académiques, la capacité de Gilead à le produire rapidement et en masse est inconnue. Il n’en reste pas moins que la mise au point rapide d’un traitement aisément productible aurait un impact direct sur l’économie et les marchés : les stratégies de déconfinement en seraient grandement facilitées et permettraient un retour à la normale plus rapide. D’ailleurs, au-delà de la hausse compréhensible du titre Gilead, ces informations ont alimenté un regain d’optimisme sur les marchés actions en fin de semaine dernière.

Moins regardée ces dernières semaines par des marchés focalisés sur les annonces de banques centrales et des Etats et sur les résultats des entreprises, la variable sanitaire peut donc s’avérer cruciale. En l’état actuel des choses, bien que le mot « déconfinement » soit de plus en plus prononcé – notamment par D. Trump qui estime que certains Etats américains peuvent rouvrir « littéralement dès demain » – le retour à la normale de l’activité des entreprises et des échanges mondiaux promet de prendre du temps et donc d’avoir un impact durable sur l’économie. Adossée à des valorisations rendues peu attractives par le récent rebond – qui de plus n’intègrent qu’une révision modérée des anticipations de bénéfices et font abstraction du risque de seconde vague – , cette perspective est peu attrayante. Elle milite en tout cas en faveur d’une certaine prudence à moyen et long terme.

L’étude clinique de Gilead laisse néanmoins entrevoir un scénario dans lequel la variable sanitaire et pharmaceutique s’avèrerait être un game changer notable. Le sujet est donc à suivre de près, notamment en cas de confirmation à court terme.

Les informations communiquées sont le résultat de recherches internes fondées sur la base des meilleures sources en notre possession et issues d’informations publiques. Elles sont réalisées par l’équipe de gestion dans le cadre de son activité de gestion d’OPC et non d’une activité d’analyse financière au sens de la réglementation. Elles ne sont pas constitutives d’un conseil en investissement.

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Le thème de la semaine : les retours du refoulé

LFDE

Auteurs : Olivier de Berranger, CIO ; Alexis Bienvenu, Fund Manager
Rédaction achevée le 14/04/2020.
La période de Pâques est celle des résurgences : Résurrection pour les chrétiens, retour de printemps pour les habitants de l’hémisphère nord. Retour également, cette année, des valeurs refoulées par les investisseurs pendant le krach de mars, liées notamment au transport, à l’énergie ou au cycle économique en général. Ainsi, au 9 avril 2020, le secteur le plus dynamique depuis le début du mois est-il celui de l’énergie, suivi des matières premières et de l’immobilier, alors que la crise économique bat son plein, que le baril pétrole n’a regagné que quelques dollars depuis ses plus bas et que les centres commerciaux et les bureaux sont vides dans la plus grande partie du monde.

Irrationalité du monde boursier par rapport au monde économique ? Pas seulement.

Tout d’abord, en Bourse comme ailleurs, les excès se compensent un jour, en partie. Quand des titres qui conservent une valeur indéniable ont drastiquement baissé, ils rebondissent systématiquement lorsque le sentiment des investisseurs est au plus bas. Il n’y a plus personne pour les vendre. Ils n’ont plus que trois types d’acheteurs potentiels : des investisseurs devant inverser leurs positions “vendeuses” pour diminuer leur risque ou honorer des rachats ; des investisseurs de très long terme, comme des fonds de pension, fonds souverains, etc. – ou de très court terme, comme des traders ou des fonds de gestion alternative fondés sur le renversement de tendance.

Il existe d’autres raisons, plus fondamentales. La semaine passée en particulier, les négociations au sein de l’OPEP “élargie” ont finalement abouti à une diminution volontaire de la production de pétrole, dans l’objectif de soutenir le prix du baril. Cette diminution n’est pas à la hauteur de la réduction réelle de la demande, mais elle permet de limiter un peu le déséquilibre.

Ce soutien nuit certes au consommateur final, mais préserve la viabilité des entreprises pétrolières, qui restent essentielles à l’économie puisqu’elles fournissent de l’emploi, des revenus, des investissements et de la valeur stratégique pour les Etats.

Enfin, il y a des raisons de plus long terme. Les gigantesques plans de soutien à l’économie visent à préserver autant que possible la confiance des acteurs économiques dans le système afin d’éviter la spirale de la défiance. Les valeurs les plus risquées en profitent logiquement. Et la volatilité baisse.

Ce retour positif s’accompagne symétriquement d’un autre refoulement, c’est-à-dire une angoisse que l’on peine à affronter  : l’incertitude qui demeure sur la durée du confinement pour l’année à venir. En raison des annonces récentes de quelques pays, dont la France, on pourrait entretenir l’espoir qu’un déconfinement généralisé est en vue à l’échéance de quelques semaines. Hélas, rien n’assure qu’il sera effectif. Ni surtout définitif. Non seulement il sera très graduel, mais il pourra connaître des renversements. Une partie de l’Asie semble subir une seconde vague de contamination, et de nombreuses parties du monde émergent n’en sont encore qu’au début. On ne sait ce que réserve l’hiver austral, ni l’automne prochain dans nos régions. Bref, nul ne sait si une grande partie du monde ne sera pas de nouveau confinée dans trois ou six mois.

Sur le plan boursier, rien n’est donc acquis. Les autorités budgétaires ont certes parfaitement répondu à l’urgence, mais le retour du second refoulé, portant sur la durée incertaine du confinement, reste possible. S’il est légitime de retrouver une dose de confiance, le soutien des Etats semblant inépuisable, il l’est tout autant de rester mobile et vigilant à court terme.

 

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Les lumières au milieu du tunnel

LFDE

Auteurs : Olivier de Berranger, CIO ; Clément Inbona, Fund Manager

Utiliser son smartphone, ouvrir le journal ou encore allumer la télévision, tant de gestes anodins nous ramènent vers un flot de nouvelles anxiogènes liées à un seul et unique thème : le coronavirus. Ce drame sanitaire bouleverse la vie des individus, des entreprises et des institutions. Petit inventaire, non exhaustif, des bonnes nouvelles sur le front de la crise.
Si le choc économique est rude, les Etats et les banques centrales en ont très vite pris la mesure. L’ampleur des mesures déployées pour amortir la récession est majeure et on peut légitimement penser que les gouvernements proposeront une seconde vague de mesures de relance, une fois la pandémie maîtrisée. Nul doute que les banques centrales accompagneront ces plans de relance en offrant de généreuses conditions d’endettement. On ne peut pas en dire autant des précédentes grandes crises, lors desquelles la puissance publique avait tardé à réagir.

Certes, le confinement a des conséquences majeures sur l’économie mondiale. Mais l’essor des nouvelles technologies de communication n’a jamais rendu aussi aisé le travail à domicile. Dans les pays développés dont l’économie est centrée sur les services, la continuité de l’activité est maintenue, quand elle ne nécessite pas de proximité physique impérative. Il y a seulement 5 ou 10 ans, le confinement aurait bien plus fortement grippé l’économie mondiale, faute de solutions techniques à grande échelle.

La solidarité internationale peine, il est vrai, à apporter une réponse coordonnée à la crise sanitaire. A une échelle plus réduite, la solidarité s’est toutefois renforcée. On ne compte plus les initiatives individuelles ou collectives sur le front sanitaire. A l’échelon européen, l’histoire nous montre que c’est dans les crises que l’Union se renforce et que les lignes bougent. L’assouplissement des critères de Maastricht est un premier pas vers des politiques budgétaires plus homogènes. Le lancement de corona bonds ou le recours au Mécanisme Européen de Stabilité (MES) pourrait être un plus grand pas encore vers une solidarité budgétaire accrue des Etats de l’Union.

Quant à la chute du pétrole, qui s’explique par un choc combiné de croissance de l’offre et de baisse de la demande, elle est en premier lieu inquiétante pour l’environnement puisqu’elle va rendre les énergies fossiles plus compétitives économiquement face aux énergies renouvelables. Mais au redémarrage de l’économie, la demande repartira sans doute plus vite que la production, dont l’inertie est forte. Ce qui pourrait conduire à une hausse violente des prix de l’or noir et ainsi relancer la compétitivité prix des énergies les plus propres.

Enfin, comme dans toute crise, un processus de destruction créatrice se met en œuvre. Les entreprises les plus faibles disparaissent pour laisser plus de place aux plus résilientes. Si on se fie à la fois aux dynamiques de flux et de performance des actions, ce sont les entreprises les plus vertueuses sur les enjeux environnementaux, sociaux et de gouvernance (ESG) qui résistent le mieux et pourraient s’en trouver un peu plus renforcées.

Le tunnel est sans doute encore long, mais les lumières qui émergent nous rapprochent un peu plus de la sortie.

Les informations communiquées sont le résultat de recherches internes fondées sur la base des meilleures sources en notre possession et issues d’informations publiques. Elles sont réalisées par l’équipe de gestion dans le cadre de son activité de gestion d’OPC et non d’une activité d’analyse financière au sens de la réglementation. Elles ne sont pas constitutives d’un conseil en investissement.

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L’Intelligence Artificielle sur le front du coronavirus

Rolando Grandi, CFA, gérant actions internationales, La Financière de l’Echiquier.

Rédigé le 25 mars 2020

« Nous sommes en guerre » a déclaré le Président français le 16 mars 2020. Nous combattons un ennemi « invisible » mais non invincible. Cette guerre ne fait que commencer et le secours apporté par l’Intelligence Artificielle (IA) pourrait peut-être contribuer à enrayer la prolifération du virus.

La recherche bénéficie aujourd’hui des progrès qui ont favorisé l’émergence de l’IA, le cloud computing et les cartes graphiques (GPU). Grâce au cloud computing, les ressources de calcul sont aujourd’hui accessibles à distance, sans que les chercheurs aient besoin de gigantesques data centers pour faire fonctionner leurs modélisations moléculaires et ainsi étudier le coronavirus. Pour celà, ils peuvent faire appel à des fournisseurs comme AWS (AMAZON), Azure (MICROSOFT) ou AliCloud (ALIBABA). Grâce à FOLDING AT HOME, société de recherche biomédicale collaborative, et à NVIDIA, leader mondial des cartes graphiques, un système de mutualisation de cartes graphiques permet à la recherche de passer à la vitesse supérieure. Ces cartes graphiques permettent d’accélérer les algorithmes d’IA, ainsi que les logiciels de simulation biologique utilisés par la recherche pour comprendre le virus et élaborer médicaments et vaccins. Le « don » de puissance de calcul est ainsi possible, et son succès est conséquent, avec plus de 470 pétaflops de puissance de calcul, soit davantage que les 7 superordinateurs les plus puissants du monde.

Les initiatives se multiplient. L’Institut de l’Intelligence Artificielle Allen de Seattle a lui développé un algorithme d’analyse sémantique pour synthétiser les publications de la recherche mondiale sur le virus. Cette initiative a retenu l’attention du gouvernement américain, qui a invité plusieurs groupes de recherche à s’y joindre1 . Le canadien BLUEDOT a quant à lui identifié la pandémie en décembre 2019, en observant le nombre grandissant de pneumonie en Chine. Neuf jours plus tard, l’OMS signalait l’apparition du COVID-19. D’autres entreprises, telles que HEALTHMAP à Boston ou METABIOTA à San Francisco ont alerté de l’imminente propagation du virus. Si ces alertes n’ont pas généré de réponses immédiates, elles ont révélé les capacités prédictives de l’IA. Couplées à des actions concrètes, elles pourraient à l’avenir renforcer la résilience de nos sociétés et de l’économie.

La puissance de calcul partagée et collaborative fait progresser la recherche, et l’IA permet d’optimiser les efforts scientifiques déployés à l’échelle mondiale, en classant notamment les quelque 24 000 publications scientifiques parues2 à ce jour sur le coronavirus. L’IA n’en est qu’au stade de l’enfance et ses premiers pas sont prometteurs. Echiquier Artificial Intelligence3 maintient le cap pour détecter et investir dans les meilleures entreprises, à nos yeux, qui développent ou qui bénéficient de cette technologie révolutionnaire.

 

1 www.geekwire.com

2 www.technologyreview.com

3 Les principaux risques auxquels est exposé ce compartiment de SICAV sont le risque actions avec une exposition de 60% minimum, le risque de perte en capital et le risque de change. La performance depuis création, en juin 2018, est de 9,9 %, vs -6,9% pour son indice de référence le MSCI WORLD NET TOTAL RETURN (en EUR), et de 1,5% sur un an vs -8,8% pour l’indice.

Données au 25/03/2020.


Le thème de la semaine : Déjà la reprise ?

LFDE

Rédaction achevée le 27.03.2020
Auteurs : Olivier de Berranger, CIO ; Enguerrand Artaz, Fund Manager

2020 laissera une trace dans les annales boursières. La chute des actions lors de la première quinzaine de mars a été d’une rapidité rarement observée, les marchés américains ont connu leur pire semaine depuis 2008 et les marchés européens ont effacé quasiment la moitié des gains de la dernière décennie. Mais, aussi étrange que cela puisse paraître, après avoir collectionné tant de records à la baisse, cette crise vient d’en rafler un à la hausse. Les marchés actions ont en effet connu une semaine euphorique, avec des hausses de 10 à 15% sur la plupart des indices. Depuis les points bas atteints lors de la séance du 16 mars, nombre de marchés sont même en bull market (hausse de plus de 20%). Le Dow Jones a connu, mardi, sa plus forte séance de hausse depuis 1933. Pourtant, la pandémie de covid-19 sévit toujours dans le monde…

Simple rebond technique donc, ou début d’une reprise durable ? Rappelons que les rebonds techniques, souvent violents, ne sont pas rares lors des crises. En 2008, le S&P 500 avait rebondi de 19% entre fin octobre et début novembre, de 21% entre fin novembre et début décembre, avant de rechuter. Si le mouvement que nous venons de connaître est impressionnant, il pourrait tout à fait s’inscrire dans cette logique.

Au-delà de l’aspect technique, que pourrait justifier l’optimisme des marchés ? Si l’on poursuit la comparaison avec la crise de 2008, un point mérite d’être souligné : la rapidité et l’ampleur de la réponse des banques centrales et des gouvernements. Les annonces se sont multipliées ces derniers jours encore. Lundi, la Réserve fédérale américaine a annoncé un quantitative easing illimité sur les obligations d’entreprises. Le lendemain, la Maison Blanche et le Sénat se sont accordés sur un plan de soutien de 2 000 milliards de dollars, soit 10% du PIB américain. Ce plan prévoit des aides directes aux ménages (jusqu’à 1200 dollars par adulte et 500 par enfant), des prêts aux PME (367 milliards), aux grandes entreprises, villes et Etats (500 milliards) ainsi qu’une enveloppe de 130 milliards pour les hôpitaux. Si ces aides sont inférieures aux montants réclamés par certains investisseurs (4 500 voire 6 000 milliards), on peut légitimement penser que le gouvernement américain se réserve des munitions pour ajuster sa réponse à la durée du blocage économique.

Ces volumes d’aides colossaux expliquent en partie l’euphorie des marchés. Reste à savoir si celle-ci peut durer. Deux inconnues majeures persistent. La première est d’ordre sanitaire. Alors que des mesures drastiques ont été déployées en Europe, la réponse américaine reste partielle. Seuls certains Etats (New-York, Californie notamment) sont confinés, et l’attitude du Président Trump paraît d’une grande légèreté face à la gravité de la situation sanitaire. Il ne fait plus guère de doute que les Etats-Unis seront le prochain épicentre de la pandémie. Si les marchés l’anticipent, cela pourrait néanmoins être facteur de stress.

L’autre inconnue est d’ordre micro-économique. Si de nombreux mécanismes sont en place pour assurer la pérennité des entreprises et éviter des faillites en série, l’impact sur les chiffres d’affaires et les bénéfices n’en sera pas moins violent. Un retour à la normale prendra du temps. Dès lors, bien que les valorisations des actions puissent paraître attractives sur ces niveaux, ce ne sera sans doute pas suffisant pour alimenter une hausse soutenue, compte tenu des faibles perspectives d’activité.

Si le potentiel de nouvelle baisse violente persiste, selon nous, il est limité par les mesures des banques centrales et les Etats. Les craintes sur les impacts micro-économiques peuvent en revanche être un frein à une véritable reprise. Il faut probablement s’attendre à des marchés toujours volatils mais plus erratiques dans leur direction, sans tendance claire avant que les incertitudes évoquées se dissipent. Dans un tel contexte, la mobilité, dont notre équipe de gestion fait preuve au quotidien, sera la clé de la performance.

Les informations communiquées sont le résultat de recherches internes fondées sur la base des meilleures sources en notre possession et issues d’informations publiques. Elles sont réalisées par l’équipe de gestion dans le cadre de son activité de gestion d’OPC et non d’une activité d’analyse financière au sens de la réglementation. Elles ne sont pas constitutives d’un conseil en investissement.

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Flash Marchés

Olivier de Berranger, Directeur de la Gestion d’actifs et Alexis Bienvenu, gérant

Rédaction achevée le 23.03.2020

 

Les marchés d’actifs risqués sont restés sous pression la semaine dernière, avec une volatilité toujours très élevée. Plus résistants jusque-là, les marchés américains ont rattrapé à la baisse leurs homologues européens en connaissant leur pire semaine depuis 2008. Dans le même temps, les obligations d’entreprises souffrent du manque de liquidité.

Comment la situation évolue-t-elle ?

Des mesures de confinement sont en place dans de nombreux pays et il faudra attendre encore au moins une à deux semaines pour en voir les premiers résultats tangibles sur la progression de la pandémie. Pendant ce temps, Etats et banques centrales s’activent pour tenter de soutenir une économie mondiale qui va souffrir très fortement de cet arrêt brusque et massif de l’activité. La BCE a ainsi annoncé un gigantesque programme d’achats d’obligations, pour plus de 1 000 milliards d’euros sur 2020. Fait nouveau, la dette grecque sera cette fois incluse dans le programme de rachats. Ce lundi, c’est la Fed qui pour sa part annonce un quantitative easing illimité sur les obligations d’entreprises.

Du côté des Etats, les promesses de soutien aux entreprises menacées de faillite se multiplient et des nationalisations sont même évoquées, notamment pour les compagnies aériennes. Bruxelles enterre la doctrine européenne sur la rigueur budgétaire, les Etats-Unis préparent un plan de soutien à hauteur d’au moins 2 000 milliards de dollars, des distributions directes de chèques aux ménages sont évoquées… Bref, les « bazookas» monétaires et budgétaires sont de sortie. Si ces mesures vont drastiquement creuser la dette des Etats, celle-ci sera achetée par les banques centrales et le service de la dette ne sera que peu douloureux grâce au faible niveau des taux.

Néanmoins, des incertitudes demeurent, en particulier concernant les Etats-Unis. Si certains Etats sont en confinement (Californie, Etat de New-York), beaucoup ne l’appliquent pas, ce qui laisse craindre un emballement de l’épidémie, d’autant plus inquiétant que le système de santé américain paraît difficilement capable de faire face. Par ailleurs, les tentatives de chiffrage de l’impact de la crise actuelle sur la croissance du PIB du deuxième trimestre donnent des résultats inédits : -12% comme estimé par JP Morgan ou -24% selon Goldman Sachs (en rythme annualisé). Ilest certain dans tous les cas que le PIB américain connaîtra un coup de frein très violent dans les mois qui viennent.

Dans ce contexte, difficile de trouver beaucoup d’arguments qui permettraient de justifier un retour de l’appétit pour le risque à court terme.

Quel scénario pour la suite et comment nous y adaptons-nous ?

Du côté des banques centrales comme des Etats, tous les leviers sont activés pour arracher l’économie à la dépression qui vient. On ne l’évitera probablement pas pour autant, mais ses dommages seront moindres. Même si la coordination entre Etats est parfois imparfaite, on constate qu’elle finit par apparaître. Les mécanismes mis en place en 2008 ont été poussés bien plus loin qu’auparavant. Il faut s’en féliciter au nom de la préservation du système économique. Mais nous basculons dans un monde où la dette d’Etat sera encore bien plus élevée.

A court terme, nous demeurons convaincus qu’il sera difficile d’envisager un quelconque rebond durable des marchés sans amélioration sur le front de la pandémie. Ceci pourrait prendre encore plusieurs semaines, avec des situations variables d’un pays à l’autre. Par ailleurs, la dépression qui se profile provoquera nécessairement des effets de second tour qui contribueront à maintenir une volatilité importante sur les marchés. Dans ce contexte, nous réitérons donc notre positionnement prudent, qui se traduit par des expositions actions faibles sur les fonds d’allocation et multi-actifs et par des niveaux de liquidités plus importants dans bon nombre de nos stratégies actions.

 

« Cette analyse résulte des convictions de l’équipe de gestion de La Financière de l’Échiquier »


Vous avez dit réduction ?

Coline Pavot LFDE

Par Coline Pavot, Responsable de la recherche ESG, La Financière de l’Echiquier

L’urgence climatique ne fait plus débat, le compte à rebours est lancé. Le sujet n’est plus de savoir s’il faut agir, mais comment. Cette question, nous nous la posons tous à notre échelle, individus, entreprises, Etats… mais la réponse n’est pas toujours évidente. Alors que 86% des Français disent vouloir contribuer à la protection de l’environnement  et que les leviers d’action se multiplient, quelle trajectoire choisir pour maximiser son impact positif ?

L’innovation technologique au service de l’impact

La première réponse de notre époque est l’innovation technologique. Le progrès apporte des solutions à de nombreuses problématiques environnementales, en mettant à notre disposition des alternatives à nos modes de vie : remplacer nos voitures thermiques par des voitures électriques, ou encore nos centrales à charbon par des parcs éoliens et photovoltaïques. Des alternatives plutôt confortables qui n’impliquent pas de transformation profonde de nos usages et habitudes de consommation. Elles sont cependant régulièrement décriées par manque de recul sur leur véritable impact. On leur reproche leurs coûts écologiques cachés et leurs effets rebonds . Une étude d’un think-tank américain a démontré qu’à l’échelle de la société « à chaque fois que nous progressons de deux pas du point de vue de l’efficacité énergétique, l’effet rebond signifie un recul d’un pas ou plus, allant jusqu’à ruiner les gains réalisés au départ » . Pour être des alternatives environnementales viables, il est donc essentiel que ces technologies progressent en questionnant l’ensemble de leurs impacts.

L’option compensation

Au risque de faire des choix contre-productifs sur le plan environnemental, de plus en plus d’acteurs décident de compenser leurs émissions de CO2. L’une des options la plus commune est la reforestation. Quand on sait que les puits de carbone naturels – océans, végétation, sols – absorbent en moyenne la moitié des émissions annuelles de CO2 , ce choix semble pertinent. Cependant, malgré les annonces de certaines compagnies pétrolières et aériennes, il ne suffit pas de planter des arbres pour être neutre en carbone, encore moins pour se dédouaner de ses activités polluantes. Toute démarche de compensation doit s’accompagner de mesures de réduction significatives de son impact environnemental. Qui plus est, la reforestation joue un rôle efficace de capture du CO2 dans certaines conditions bien précises, rarement réunies. La forêt doit être gérée de manière responsable, de façon à maintenir ou restaurer la biodiversité, et une fois arrivé à maturité, le bois devra être utilisé dans la fabrication de biens durables, et non laissé en décomposition, relâchant alors dans l’atmosphère le carbone capturé tout au long de sa vie.

La première des solutions : la réduction

Face à ces constats en demi-teinte, une solution semble mettre tout le monde d’accord : la réduction. Elle est même au cœur du scénario du GIEC d’augmentation moyenne de la température de 2°C. La bonne nouvelle, c’est que l’impact potentiel est énorme et que nous avons tous à notre échelle la possibilité d’agir. Les particuliers, soucieux de réduire leur volume de déchets, se tournent par exemple de plus en plus vers les produits en vrac, un marché qui a crû de 41% en 2019 en France et devrait atteindre 3,2 milliards d’euros en 2022  ! Les entreprises ne sont pas en reste. Que ce soit par l’optimisation de leur processus de production ou par les produits et services qu’elles proposent, elles ont un rôle clef à jouer. La société de blanchisserie ELIS l’a bien compris, en s’emparant du sujet de la réduction de son empreinte environnementale il y a déjà plusieurs années. Ainsi, grâce aux efforts déployés, elle permet à ses clients, optant pour le lavage collectif au détriment du lavage individuel, d’avoir un impact jusqu’à 10 fois moins fort sur l’environnement !

A La Financière de l’Echiquier, les entreprises que nous privilégions sont celles qui ont compris qu’innover, compenser et avant tout réduire, fait partie d’une chaîne de solutions qui leur permettra d’améliorer significativement leur impact environnemental.

 

 

 


SOS banques centrales

LFDE

Par Olivier de Berranger, Directeur de la Gestion d’actifs, et Alexis Bienvenu, gérant.

Face à la propagation du coronavirus venu de Chine, on serait tenté d’appeler des médecins à la rescousse. Le marché en appelle, lui, au médecin du marché : les banques centrales ! Nouveaux oracles, sorciers, marabouts, on leur prête une puissance infinie. En 2019, elles ont bien réussi à faire bondir les marchés alors que les bénéfices étaient en baisse. Ne pourraient-elles pas aussi aider à combattre le virus ? Ou plutôt, ses conséquences : la déprime économique due au blocage de la production et de la consommation dans les régions contaminées.

Le marché peut se réjouir : elles ont commencé à agir, et puissamment. La Fed a réduit son taux directeur de 50 points de base lors d’une réunion surprise le 3 mars. La Banque Populaire de Chine a baissé plusieurs de ses taux pour soutenir le crédit privé. En zone euro, il ne s’est encore rien passé, mais une baisse de 10 points de base est attendue à brève échéance, alors que le taux de référence est déjà négatif !

Ces actions soutiennent les conditions financières. Mais pour une PME en difficulté parce que ses clients ou ses employés sont cloîtrés, ou ses livraisons interrompues, à quoi cela sert-il ? On pourrait croire que seuls les spéculateurs et les grandes entreprises en profitent. En réalité, faire baisser les taux d’intérêts permet aux Etats de s’endetter à moindre coût. Et par là, de faire de la relance budgétaire ou fiscale. La Chine a ainsi allégé ou différé les impôts des sociétés les plus touchées. A Hong Kong, le gouvernement va octroyer une « prime de virus » de 1 300 dollars à chaque résident adulte. En Italie, des dépenses exceptionnelles restent possibles pour faire face à la situation de crise, malgré un endettement faramineux. Même l’Allemagne s’apprête à rompre le tabou du déficit budgétaire, encouragée par des taux négatifs qui l’enrichissent à mesure qu’elle emprunte !

La générosité des banques centrales rayonne donc jusqu’à l’entrepreneur. Et même indirectement jusqu’à l’hôpital qui lutte contre le virus. Car lui aussi dépend en partie de la capacité budgétaire des Etats. Bien sûr, cela a un coût : des taux faibles, voire négatifs. L’épargnant obligataire semble perdant. Mais, si l’économie continue à fonctionner grâce aux taux bas, l’épargnant n’est-il pas lui aussi gagnant ? Ne serait-il pas ruiné si l’économie se grippe totalement ? Dans cette perspective, les taux bas apparaissent comme le prix à payer de l’assurance fournie par les banques centrales contre un écroulement économique. Toute assurance n’a-t-elle pas un coût légitime ?

Il y a donc bien de la sagesse à invoquer les banques centrales contre le virus. Certes, elles ne nous en guériront pas. Mais elles aideront les entreprises, les consommateurs et les Etats à passer la crise plus vite ou moins durement.

En cas de fièvre… appelez Docteur Lagarde à Francfort !

 

Olivier de BERRANGER, avec la complicité d’Alexis Bienvenu

 

 


Adhésion au Global Impact Investing Network

Paris, le 28 février 2020 ǀ La Financière de l’Échiquier (LFDE) annonce son adhésion au Global Impact Investing Network (GIIN), première initiative mondiale consacrée à l’investissement à impact.

Les missions du GIIN visent le renforcement de la transparence, des méthodologies et de l’échelle de l’investissement à impact dans le monde de l’investissement. Chaque année, le GIIN Investor Forum réunit des investisseurs du monde entier et les personnalités de l’écosystème de la finance de l’impact positif afin de développer ce marché et d’échanger les bonnes pratiques.

LFDE avait été l’une des premières sociétés de gestion françaises à lancer, en 2017, une solution d’impact, Echiquier Positive Impact Europe, dont le processus de sélection des entreprises cotées est adossé aux Objectifs de Développement Durable (ODD) de l’ONU. LFDE publie chaque année le rapport d’impact de cette SICAV labellisée ISR, une démarche qui permet d’évaluer en toute transparence l’impact réel de l’investissement sur les Hommes et la planète.

« L’impact est à nos yeux la nouvelle frontière de l’ISR. C’est la raison pour laquelle nous avons lancé un fonds d’impact, qui démontre qu’investir de façon intentionnelle dans des entreprises ayant un impact social et/ou environnemental mesurable, génère aussi une performance financière » a déclaré Sonia Fasolo, gérante ISR.

« L’adhésion de LFDE au GIIN est naturelle. Elle marque notre volonté de partager nos réflexions et de nourrir nos pratiques d’investissement à impact pour faire progresser l’impact positif des marchés cotés sur l’économie réelle » a commenté Olivier de Berranger, Directeur Général Délégué en charge de la Gestion d’actifs. Pour consulter le rapport d’impact d’Echiquier Positive Impact Europe, cliquez ici.


Climat des affaires

LFDE

Par Olivier de Berranger, Directeur de la Gestion d’actifs, La Financière de l’Échiquier avec la complicité de Sonia Fasolo

Comme chaque année, la petite ville de Davos a vu converger dans le canton des Grisons les grands de ce monde. Et une fois n’est pas coutume, le climat a occupé le cœur des débats du Forum économique mondial. Le président américain s’est distingué par son détachement, évoquant les « prophètes de malheur du climat et leurs prédictions d’apocalypse ». Un discours inacceptable, voire « has been » pour les jeunes générations, qui maintiennent la pression sur les
instances dirigeantes, et leurs futurs employeurs en particulier. Un an après la signature du Manifeste pour un réveil écologique par plus de 10 000 étudiants en France, un récent sondage réalisé pour le Boston Consulting Group révèle qu’une majorité d’entre eux (72%) estiment les entreprises trop peu engagées pour le climat. Davos leur a fourni une tribune pour affirmer leurs ambitions en la matière.

Quoi de plus naturel que d’utiliser le terrain neutre helvétique pour afficher des objectifs concernant un autre type de neutralité, la neutralité carbone ? C’est ce qu’a fait le groupe pharmaceutique AstraZeneca en annonçant sa volonté de neutraliser ses émissions de CO2 d’ici 2025 et d’être négatif en carbone sur l’ensemble de sa chaîne de valeur d’ici 2030. Le groupe utilisera exclusivement des énergies renouvelables et convertira sa flotte de véhicules à l’électrique. Pour être négatif en carbone, AstraZeneca engagera un programme de reforestation, « AZ Forest », prévoyant la plantation de 50 millions d’arbres, dont un million en France, ces cinq prochaines années. Une annonce suivie de quelques autres (Starbucks, Microsoft…).

Mais qu’entend-on par neutralité carbone ? L’atteindre « implique un équilibre entre les émissions de carbone et l’absorption du carbone de l’atmosphère par les puits de carbone » (définition du parlement européen). C’est ce qui permettra de limiter le réchauffement climatique à 1,5 degré, seuil considéré par le GIEC comme sûr. Il existe peu de puits de carbone : les forêts, les océans et les techniques de captage et séquestration de carbone, ces dernières étant peu développées car très coûteuses. Pour autant, compenser en plantant des arbres ne doit intervenir qu’en dernier
ressort, uniquement pour traiter le reliquat d’émissions qui n’ont pu être supprimées autrement.

L’Union européenne vise la neutralité carbone en 2050 et chaque entreprise doit contribuer à cet enjeu. Nous sommes convaincus que celles qui se préparent au monde de demain en étant ambitieuses sur les enjeux climatiques (anticipation des risques climatiques et des coûts associés, capacité à faire du défi climatique une opportunité en proposant des solutions…) attireront les capitaux. Un territoire d’investissement attractif, source d’opportunités et de performance pour
les gérants d’actifs et les épargnants.

Olivier de Berranger
Avec la complicité de Sonia Fasolo


La Financière de l’Échiquier intensifie son engagement en faveur du climat

Paris, le 5 février 2020 – La Financière de l’Échiquier (LFDE) rejoint l’initiative Climate Action 100+, première coalition d’investisseurs mondiaux à l’origine d’engagements collaboratifs avec les plus grands émetteurs de gaz à effet de serre du monde.  Le but de cette initiative est d’inciter ces entreprises à réduire leurs émissions de gaz à effet de serre, en ligne avec les objectifs de l’Accord de Paris, à améliorer leur gouvernance climatique et accroître la transparence de leur reporting climatique.

Cette initiative réunit à ce jour 410 investisseurs (41 000 milliards de dollars d’actifs sous gestion) engagés dans un dialogue direct avec 160 entreprises représentant 80% des émissions industrielles mondiales. Climate Action+ a notamment été lancée avec le soutien des Principes pour l’Investissement Responsable (UN PRI), auxquels LFDE adhère depuis 2008.

« Le changement climatique est une source de risques pour les entreprises, notamment pour les plus émettrices. Les inciter à s’engager en faveur du climat est au cœur de notre responsabilité d’investisseurs » a déclaré Sonia Fasolo, gérante ISR.

« La gestion d’actifs a un rôle essentiel à jouer en orientant les capitaux vers les entreprises qui préparent le monde de demain. En anticipant les risques de transition et les risques physiques liés au changement climatique auxquelles elles pourraient être exposées, les entreprises assurent leur pérennité et leurs performances futures. » a commenté Olivier de Berranger, Directeur Général Délégué en charge de la Gestion d’actifs.

Pour en savoir plus sur l’initiative internationale Climate Action 100+, cliquez ici.


SMART SPEAKERS / LA VOIX DE SON MAÎTRE

Par Rolando Grandi, Gérant d’Echiquier Artificial Intelligence

Parmi les objets les plus populaires de ces dernières fêtes de Noël, les enceintes connectées révèlent les tendances d’un marché en plein essor. Un nouvel eldorado ?

Les smart speakers, qui hébergent des assistants intelligents virtuels, s’immiscent à grands pas dans notre société et nos foyers. Ils se positionnent comme le produit électronique le plus en vogue de l’édition 2020 du CES de Las Vegas, le salon tech de l’innovation mondiale1. Ces petites enceintes conçues par les géants technologiques comme AMAZON, pionnier en 2015 avec son enceinte Écho, ou BAIDU en Chine, deviennent les piliers du marché en pleine croissance de la maison connectée mais pas seulement…

Si ces petites enceintes se vendent autant, c’est surtout parce que ces assistants virtuels capables de comprendre le langage humain sont profondément ancrés dans notre vie quotidienne. Ils n’ont qu’un seul but : vous simplifier la vie. Un simple ordre vocal permet de demander à son réfrigérateur s’il reste assez d’œufs pour préparer le dessert du soir,
de régler la température de sa chambre ou de déclencher le robot aspirateur.

 

L’art du dialogue
La voix se positionne ainsi comme la prochaine interface d’interaction avec la technologie.
Un changement de paradigme qui préfigure une nouvelle ère.

Lors de notre rencontre fin 2019 avec iFLYTEK, spécialiste chinois du traitement et de la compréhension vocale du langage humain, et dont l’assistant virtuel, Lingxi, est déjà capable de commander des billets de train sur simple ordre vocal, le management a évoqué les complexités de l’IA vocale, rendue possible grâce aux réseaux neuronaux artificiels : les gigantesques bases de données disponibles permettent à de puissants algorithmes d’apprendre et de s’améliorer pour comprendre la voix humaine et le sens des propos.
La valeur ajoutée de cette connectivité accrue devrait constituer un vecteur de croissance significatif pour le secteur, comme pour le « voice shopping », un marché qui a atteint en 2019 40 milliards de dollars.

 

L’IA vocale, en plein essor

La prolifération de ces petits robots digitaux ouvre d’immenses opportunités pour repenser, à l’ère de l’IA, la façon dont nous communiquons avec la technologie. L’IA encapsulée dans ces enceintes ouvre de nouvelles portes non seulement sur le marché de la domotique intelligente mais aussi du shopping… Les interfaces vont se développer dans tous les domaines et révolutionner la consommation. En 2021, il devrait y avoir plus d’assistants virtuels que de personnes sur la planète2! Et très vite viendra le temps où l’on se demandera comment était la vie avant…ǀ

 

1 Du 7 au 10 janvier 2020 (350 exposants français, 3e pays le plus représenté)
2 OVUM, Key trends in the smart home market: April 2019

 


Cybersanté, la nouvelle frontière de l’Intelligence Artificielle

Par Rolando Grandi, Gérant d’Echiquier Artificial Intelligence – La Financière de l’Echiquier

Dans les années 2060, la présidente française de Transparence, une société numérique, s’apprête à commercialiser Endless, projet qui consiste à transplanter l’âme humaine – les données personnelles d’un individu – dans une enveloppe corporelle artificielle. Si l’on est encore loin de ce monde brillamment imaginé par Marc Dugain [1], l’intelligence artificielle (IA) a commencé à faire muter la médecine. Avec l’augmentation des dépenses mondiales en soins qui devraient atteindre plus de 10 000 milliards de dollars en 2022[2], les services de santé tendent à se digitaliser partout dans le monde. Et pour ce secteur tout particulièrement, l’IA est porteuse d’espoir.

L’apport de l’IA infuse toutes les disciplines : biotechnologie, e-thérapie, épidémiologie, robotique chirurgicale, prothèses intelligentes, pharmacovigilance, etc. Sur tous les fronts, les avancées se multiplient.
L’IA améliore la recherche médicale, dont elle réduit drastiquement les coûts. Le coût de séquençage de l’ADN est ainsi passé par exemple pour la medtech américaine ILLUMINA de 1 million de dollars en 2007 à 1 000 dollars en 2019. Il devrait baisser jusqu’à 100 dollars au cours de la prochaine décennie. La génération inédite de données permettra de développer grâce à l’IA des médicaments et des thérapies personnalisées pour chaque patient.

Le lancement en septembre 2019 par MICROSOFT et ASTRAZENECA, groupe pharmaceutique anglo-suédois, de la AI Factory for Health, accélérateur européen de start-ups de l’IA, renferme de belles promesses. Il
accompagne notamment des start-ups spécialisées en oncologie, comme Owkin. Fondée par un mathématicien et un oncologue, spécialisée dans le machine learning appliqué à la recherche médicale, cette jeune pousse basée à Paris et à New York utilise l’IA et le big data pour accélérer la découverte de médicaments
contre le cancer, dans le respect « total » des données des patients grâce au transfert learning. Une approche révolutionnaire de l’IA qui porte ses fruits : Owkin est à l’origine d’une découverte majeure, en octobre dernier,
dans le traitement de la biologie tumorale.
Une e-santé en pleine forme

En Chine, qui compte 12 millions de professionnels de santé pour 1,4 milliard d’habitants, des assistants virtuels révolutionnent l’accès à la médecine. Les plateformes de santé connectée WeChat de TENCENT ou Good Doctor de PING AN HEALTHCARE AND TECHNOLOGY – qui a doublé son chiffre d’affaires au premier semestre 2019 – sont en grande forme. Si la France n’a pas encore sauté le pas, les applications de santé commencent à y fleurir. Qare vous donne ainsi accès à des téléconsultations remboursées par la Sécurité Sociale, depuis votre portable… Un remède simple aux déserts médicaux ?
Des robots aux petits soins

Autre terrain d’exploration et d’opportunités, la robotique, dont le marché médical mondial représentait en 2018 6,5 milliards de dollars. Grâce à elle, les machines se dotent de capacités perceptuelles, décisionnelles et d’action améliorées et l’éclosion des robots transforme le secteur de la santé : des robots animateurs stimulent les pensionnaires de maisons de retraite sur le plan cognitif ; des prothèses intelligentes réparent ou augmentent le corps humain ; des robots médicaux améliorent la dextérité des chirurgiens. C’est le cas
de Da Vinci d’INTUITIVE SURGICAL, qui a déjà à son actif plus de cinq millions d’opérations dans le monde.
Autre exemple ? Un bras robotique piloté grâce à la 5G a permis à un chirurgien chinois de réaliser, en 2019, la première intervention chirurgicale cérébrale… à 3 000 km de distance.

Les champs d’application de l’IA sont vastes dans un marché en pleine effervescence. En 2035, la valeur ajoutée brute du secteur de la santé de 12 pays développés est estimée à 2 260 milliards de dollars, et en ajoutant l’apport de l’IA, à 2 721 milliards de dollars [3], soit plus que le PIB de la France.

 

[1] Transparence, M. Dugain, Gallimard, 2019
[2] Global Healthcare sector issues in 2019, Deloitte
[3] How AI boosts Profits and Innovation, Accenture & Frontier Economics, 2017

 


700 millions d’algorithmes et moi, et moi, et moi

Par Rolando Grandi, Gérant d’Echiquier Artificial Intelligence

Aujourd’hui, 30% des ventes sur le site d’AMAZON sont générées par les algorithmes de recommandation qui
proposent des produits susceptibles de convenir à vos besoins… ou d’en créer de nouveaux. Du côté de la
concurrence, le changement d’algorithme de recommandation du géant ALIBABA a permis d’accélérer
significativement la croissance des ventes sur la plateforme numéro 1 du e-commerce en Chine.
D’un bout à l’autre de la planète, la règle est la même : grâce à la puissance de l’Intelligence Artificielle (IA), les
données que les utilisateurs génèrent sur ces plateformes nourrissent de puissants algorithmes, leur permettant de
mieux vous connaître afin de vous proposer des produits susceptibles de déclencher l’envie de les acheter.
Forte des données dont AMAZON dispose grâce aux 2,65 milliards de visites mensuelles sur son site web1

, la société
s’aventure… sur les terres du commerce physique. Un secteur que le géant américain avait significativement
bouleversé, provoquant des baisses de cours de Bourse des entreprises de commerce traditionnel. L’avantage
d’AMAZON ? Son IA anticipe nos besoins et nos désirs. Un tour à l’Amazon 4-stars store ou à l’Amazon book store de
New York suffit pour s’en convaincre. Ces magasins d’un genre nouveau sont spectaculaires par leur capacité à
disposer d’un nombre réduit d’articles, et par leurs ventes, bien supérieures à celles de la concurrence, grâce aux
algorithmes d’IA qui permettent de s’ajuster aux goûts des New Yorkais. L’Amazon 4-stars store ne propose que des
produits bénéficiant des meilleures notes de clients d’Amazon.com (4 ou 5 étoiles au minimum), quand la librairie
Amazon book propose une sélection très pointue permettant d’optimiser les ventes.
Des miroirs de nous-mêmes
Avec l’explosion des données et la capacité des entreprises à les capter via Internet, la prolifération des smartphones
et la myriade d’applications disponibles, les algorithmes d’IA sont devenus des miroirs de nous-mêmes. NETFLIX me
comprend et sait ce que j’ai envie de regarder… Je n’ai plus besoin de chercher un programme, NETFLIX le fait à ma
place…
Serait-ce la fin du libre arbitre ? La supériorité de l’algorithme va-t-elle annihiler la capacité de l’être humain à faire
des choix ? Est-il rationnel d’obéir à la machine ? De faire une confiance aveugle sur la route des vacances à WAZE
par exemple ? Pour certains, seul un fou contredirait cet algorithme agissant tel un super cerveau capable de
collecter en temps réel les milliards de données fournies par les utilisateurs de la plateforme.
Une chose est certaine, l’IA va nous permettre de passer d’une économie de masse à l’économie de l’individu, grâce
aux données que nous générons et grâce aux progrès constants de la vitesse de calcul. Pour certains, l’IA
personnalisera les expériences marquantes de la vie des humains. Le taxi autonome dans lequel vous embarquerez
vous reconnaîtra et jouera votre playlist SPOTIFY préférée. Faire du shopping en ligne deviendra un jeu d’enfant
grâce aux algorithmes qui sélectionneront des objets appropriés à vos envies. Tout le monde aura droit à son
personal shopper ! Et lorsque viendra l’heure de partir en voyage, l’IA vous proposera des destinations en fonction
de vos voyages passés, de vos recherches sur Internet, de livres achetés ou de photos likées sur Instagram. L’IA
concevra aussi un itinéraire adapté à vos habitudes, aventure, musées ou night life, et deviendra votre agence de
voyages préférée… Une bien singulière révolution que celle de l’IA, qui métamorphosera, qu’on le veuille ou non,
nos vies !

 


De la mesure en toute chose !

La Financière de l'Echiquier

Placé sous une triple cloche de verre dans le Parc de Saint-Cloud, au Bureau International des poids et mesures, un petit cylindre de platine iridié, à peine plus gros qu’une prune, définissait jusqu’au printemps dernier la valeur internationaledu kilogramme.

Fabriqué en 1889, le PIK – Prototype International du Kilogramme -, surnommé « grand K », était l’un des derniers objets matériels à définir une unité de mesure. Lors de ses très rares sorties (3 depuis le 19e siècle), une infime variation de masse a été constatée en comparaison des 6 autres étalons supposés identiques. Le sort de « grand K » en fut scellé.
Depuis mai dernier, la communauté scientifique internationale a adopté une définition du kilogramme fondée sur la constante de Planck (notée petit « h »), une constante de la mécanique quantique à la précision diabolique.

Si l’exactitude est un pilier naturel de la métrologie et de la science, les données économiques et financières n’approchent que très rarement un tel degré de précision. Pourtant, quelques surprises, à la hausse ou à la baisse, dans la publication d’un chiffre économique peuvent suffire pour générer des mouvements sur les marchés financiers capables de créer ou de détruire des centaines de milliards de dollars.

La publication d’une croissance allemande en baisse de 0,1% au deuxième trimestre 2019 justifierait ainsi la remise en cause d’un modèle germanique « à bout de souffle ». Certes, l’Allemagne, troisième exportateur mondial, est une victime évidente de la guerre commerciale menée par l’administration américaine. Mais si la publication des chiffres du PIB du troisième trimestre se révèle à nouveau négative, l’Allemagne (avec un taux de chômage de 5% et un excédent budgétaire de 45 milliards d’euros au premier semestre 2019) sera officiellement en récession technique.
Simultanément, la révision à 0,3% de la croissance française au deuxième trimestre contre 0,2% initialement publiée a permis aux commentateurs de saluer une bonne surprise…

Si les normes comptables et réglementaires offrent un cadre sécurisant à l’investisseur, se fier aux seules publications peut être trompeur. Sans évoquer les fraudes comptables qui jalonnent l’histoire financière, la focalisation du marché sur les chiffres publiés par les entreprises est parfois exacerbée. Les exemples sont nombreux. Il y a un an à peine,
SARTORIUS AG, maison mère de SARTORIUS STEDIM BIOTECH,spécialiste, entre autres, des équipements de mesure et
de pesage (un comble !) pour l’industrie pharmaceutique et les biotechs, publiait des perspectives chiffrées légèrement revues à la baisse pour la fin d’année : la sanction fut immédiate, et la baisse du cours de Bourse de plus de 30% de SARTORIUS, emportait dans sa dégringolade sa filiale française. Mère et fille voient aujourd’hui leur cours progresser
de 60% depuis le début de l’année, corrigeant un excès de pessimisme provoqué par quelques décimales.

Au-delà des chiffres, la connaissance approfondie des entreprises, de leurs marchés, de leurs clients, et la rencontre de leur management, restent des étapes essentielles dans notre processus de gestion et la construction de nos portefeuilles. Pour paraphraser une (autre) formule célèbre, les chiffres sont d’excellents serviteurs mais parfois, de
mauvais maîtres…

Olivier de Berranger