L’épargne au sommet au 1er trimestre 2019

Patrimoine - En 2019, les ménages ont dirigé une grande partie de leurs revenus vers l'épargne. Ce réflexe a notamment bénéficié au Livret A et à l'assurance vie. Le contexte économique et la crise des Gilets Jaunes ont exacerbé la méfiance des Français. La tendance va-t-elle s'infléchir dans les mois à venir ? Philippe Crevel, Directeur du Cercle de l'Epargne, partage son analyse.

Au cours du premier trimestre 2019, les ménages ont arbitré une part non négligeable de leurs gains de pouvoir d’achat en faveur de l’épargne. Le taux d’épargne est ainsi passé de 14,9 % à 15,3 % du revenu disponible brut du dernier trimestre 2018 au premier trimestre 2019. Le taux d’épargne financière est en forte hausse. Il est passé de 4,9 % à 5,4 % du quatrième trimestre 2018 au premier trimestre 2019. Il était de 4 % au troisième trimestre 2018. Cette progression du taux d’épargne intervient malgré la baisse des rendements des produits de taux.

Depuis six mois, les ménages ont enregistré une augmentation sensible de leur revenu disponible brut. Il passe de 1 % au dernier trimestre 2018 à 1,3 % au premier trimestre 2019. En raison des primes exceptionnelles, la masse salariale enregistre une vive augmentation (+1,1 %) au premier trimestre. Les prestations sociales sont également en hausse (+0,9 %) grâce à l’augmentation de la bonification individuelle de la prime d’activité et du minimum vieillesse.

L’épargne au sommet pour le 1er trimestre 2019
Source : Insee – CDE

Un contexte général favorable à l’épargne

La modération de l’inflation contribue également à l’amélioration du pouvoir d’achat des ménages. Cette amélioration des revenus les a conduits non pas à consommer, mais à placer leur argent en priorité sur le Livret A et sur l’assurance vie. La collecte nette de ces deux produits dépasse 20 milliards d’euros sur les quatre premiers mois de l’année.

Cette propension à épargner s’explique par le maintien des incertitudes économiques et sociales. Après la grave crise des « gilets jaunes », les ménages restent sur leurs gardes et ont tendance à différer leurs achats durables. Ils doutent de la poursuite de cette politique favorable du pouvoir d’achat et de la baisse de l’inflation. En outre, les tensions économiques avec des annonces contradictoires sur une possible récession ont joué en faveur de l’épargne.

Vers un recul de la tendance ?

La prise en compte de l’amélioration du pouvoir d’achat nécessite du temps. Le rebond des dépenses en consommation en parallèle à l’amélioration du moral des ménages pourrait amener une décrue légère du taux d’épargne dans les prochains mois.

Philippe Crevel

Directeur du Cercle de l'Épargne

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