Harold Parisot – Chinese Business Club : « Le réseau est la base des relations d’affaires en Chine »

Investisseur privé - Comment aider les entreprises françaises à s'implanter sur le marché chinois ? Comment peuvent-elles réseauter depuis la France avec efficacité et sur le long terme ? Harold Parisot, Président du Chinese Business Club, répond en exclusivité au Courrier Financier.

Dans le monde des affaires, un bon carnet d’adresses vaut de l’or. Depuis 10 ans, le Business Chinese Club à Paris tisse des liens entre la France et la Chine. D’après les chiffres officiels publiés le 24 octobre dernier, le produit intérieur brut (PIB) chinois a augmenté de 3,9 % en rythme annuel sur la période juillet-septembre. Comment aider les entreprises françaises à cibler efficacement le marché chinois ? Malgré la pandémie de Covid-19 et les tensions géopolitiques, comment construire des relations de long terme ? Harold Parisot, Président du Chinese Business Club, répond en exclusivité au Courrier Financier.

Le Courrier Financier : En 2022, le Chinese Business Club a fêté ses 10 ans. Pouvez-vous nous présenter ce cercle d’affaires ?

Harold Parisot - Chinese Business Club : « Le réseau est la base des relations d’affaires en Chine »
Harold Parisot

Harold Parisot : Le Chinese Business Club est un réseau d’affaires privé qui date de 2012. Le Club réunit les membres, tous les mois, à Paris, sous la forme de réunions d’affaires en présence d’un patron du CAC 40, d’une licorne française ou d’un invité d’honneur. Nos derniers invités sur ces derniers mois sont les présidents de Total, L’Oréal, Club Med, Pernod Ricard, BlaBlaCar, Qonto, Ledger et Back Market.

C.F. : Quel est le profil de vos adhérents ? Combien de membres comptez-vous à ce jour ?

H.P. : Il y a une centaine de sociétés membres, essentiellement des startups, des Très Petites entreprises (TPE), des entreprises de taille moyenne (PME) et intermédiaire (ETI). Tous les secteurs d’activité sont représentés : laboratoires pharmaceutiques, agroalimentaire, industrie lourde, luxe, tourisme, hôtellerie, éducation, services, etc. A noter qu’il y a un fort taux de satisfaction et de fidélité au Chinese Business Club, avec 90 % de renouvellement des sociétés membres tous les ans.

C.F. : Vous organisez 12 événements par an à Paris. Pouvez-vous nous en dire un peu plus sur l’organisation de ces rencontres ?

H.P. : Plus de 12 évènements sont organisés tous les ans pour les membres du Chinese Business Club. Les deux mots clés sont business et networking. Les sociétés viennent chercher des opportunités d’affaires tout en développant leur carnet d’adresses à haut niveau. A tous les déjeuners viennent des anciens Premiers ministres, sénateurs, députés, ambassadeurs de grands pays, des journalistes, des entrepreneurs, des dirigeants et de nombreux chefs d’entreprise.

C.F. : Pouvez-vous nous expliquer le concept de « guanxi » (réseau) dans la culture chinoise ? Pourquoi est-ce incontournable ?

H.P. : Le guanxi est la base des relations d’affaires en Chine. Il s’agit d’un concept majeur de la société chinoise. Nous pouvons le traduire par réseau d’affaires, relations professionnelles ou cercle d’influence. Le modèle commercial chinois repose sur un sentiment de confiance et d’appartenance.

Contrairement à un contexte commercial contractuel, les relations se mettent en place doucement, mais une fois le lien établi, vos partenaires chinois seront aptes à réagir rapidement. Il est donc primordial de développer son guanxi pour faire du business en Chine. Les Chinois aiment faire des affaires uniquement avec des personnes en qui ils ont placé leur confiance.

C.F. : Dirigeants, chefs d’entreprise, entrepreneurs… Comment les aidez-vous à développer leurs liens avec la Chine ?

H.P. : La priorité pour cibler les consommateurs chinois est d’être présent sur Baidu, le Google chinois. Pour cela, il faut avoir son site Internet traduit en mandarin, sinon vous ne serez pas référencé par le moteur de recherche chinois. Il est également primordial d’être présent sur l’application WeChat, avec idéalement un compte officiel.

Grâce au Chinese Business Club, les sociétés membres rencontrent les diplomates de l’ambassade de Chine et du consulat, les fonds d’investissement chinois, les nombreuses marques chinoises en France ainsi que les journalistes chinois. Hors période Covid, il y a régulièrement des délégations chinoises en déplacement en France, des hauts fonctionnaires du secteur public ou des entrepreneurs d’entreprises privées.

C.F. : Malgré les tensions géopolitiques et la crise sanitaire, pourquoi continuer d’investir dans l’économie chinoise ?

H.P. : Il y a actuellement du « China Bashing » mais il est important de raisonner à moyen et long terme. Les Chinois sont 1,4 milliard d’individus et ils sont très ambitieux. Ils sont passés de copieurs à créateurs en très peu de temps. Que ce soit dans les Telecom ou la voiture électrique, les Chinois sont désormais à la pointe.

De plus en plus de marques chinoises sont désormais mondialement connues, ce qui n’était pas le cas il y a 10 ans : Huawei, WeChat, Alibaba, UnionPay, Baidu, Haier, China Telecom, Geely, China Mobile, Air China, Hisense, Xiaomi, Moutai, Oppo, Comac, Avic, Synutra, Alipay, Lenovo, Weibo, TikTok ou encore AliExpress.

Mathilde Hodouin - Le Courrier Financier

Rédactrice en chef

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