UE : Ursula Von der Leyen promet la neutralité carbone pour 2050

Actualités - Cette semaine, la candidate franco-allemande Ursula Von der Leyen a été élue de peu présidente de la Commission européenne. Quelle politique économique va-t-elle mettre en œuvre ? Quel avenir pour la finance verte et l'économie bas-carbone ?

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(Conception : Mathilde Hodouin – Création : Charlotte Thomas)

L’Allemande Ursula Von der Leyen (parti chrétien-démocrate) a été élue ce mardi 16 juillet à la tête de la Commission européenne (CE). Sa victoire a été obtenue de justesse, par 383 voix contre 327, après avoir donné des gages à la gauche et aux écologistes sur l’Europe sociale et la lutte contre le réchauffement climatique pour s’assurer de leur soutien. Sa candidature était le fruit d’un compromis franco-allemand. Ursula Von der Leyer — actuelle ministre de la Défense d’Angela Merkel — devient ainsi la première femme présidente de la CE, souligne l’agence Reuters.

Investir pour la neutralité carbone

De prime abord, cette candidature n’avait pas soulevé l’enthousiasme au Parlement européen. Ce mardi 16 juillet, Ursula Von der Leyen s’est efforcé de convaincre les plus réticents dans le discours qu’elle a tenu devant le Parlement. Cette médecin de profession et mère de sept enfants s’est engagée à faire de l’UE « le premier continent neutre sur le plan climatique à l’horizon 2050 ». Dans cette optique, Ursula Von der Leyen s’est fixé un objectif draconien de réduction des émissions de gaz à effet de serre « de 50 % voire 55 % d’ici 2030 » au lieu des 40 % actuellement prévus. La nouvelle devrait réjouir les investisseurs qui misent sur l’économie bas-carbone.

Afin de financer une telle stratégie, Ursula Von der Leyen propose de transformer une partie de la Banque européenne d’investissement en « banque du climat ». Cette nouvelle structure serait dotée d’une capacité d’investissement d’1 Md€ sur les 10 prochaines années. La nouvelle présidente de la CE reprend ici une proposition d’Emmanuel Macron. Dans la même veine, Ursula Von der Leyen suggère de créer un « fonds de transition destiné à soutenir ceux qui sont le plus touchés » par les mesures en faveur du climat. Elle se prononce pour une taxe carbone aux frontières, mesure que la France n’a jamais réussi à imposer à ses partenaires.

Le social et l’économie de marché

Ursula Von der Leyen n’a pas oublié qu’elle fut ministre des Affaires familiales avant de s’occuper des Armées. La chrétienne-démocrate s’engage à protéger « la dimension sociale » de l’UE comme corollaire de l’économie de marché. Par exemple, elle s’est prononcé en faveur d’un salaire minimum dans tous les pays de l’UE. Elle plaide ainsi en faveur d’un « fonds de réassurance chômage » destiné à soutenir les économies des pays touchés par un « choc extérieur ». Elle a promis d’organiser dès 2020 — un souhait d’Emmanuel Macron — une « conférence pour l’avenir de l’Europe » destinée à relancer le projet européen avec les citoyens.

Ursula Von der Leyen doit désormais composer un collège de 28 commissaires — y compris elle-même — soit un par Etat membre de l’UE. Elle mènera cette tâche sur la base des candidatures proposés par les Etats. Le Néerlandais Frans Timmermans et la Danoise Margrethe Vestager devraient déjà en devenir les deux vice-présidents exécutifs. La nouvelle présidente de la CE s’est engagée à améliorer le système des « Spitzenkandidaten », par lequel le groupe politique arrivé en tête des élections européennes place à la présidence de la Commission le candidat désigné par avance. Le nouveau collège d’Ursula Von der Leyen sera soumis au vote du Parlement européens cet automne.

Mathilde Hodouin - Le Courrier Financier

Rédactrice en chef

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