Rentrée 2019 : de gros nuages noirs sur la Bourse ?

Actualités - Cette semaine, les marchés financiers font leur rentrée après un été agité. Brexit, guerre commerciale, industrie manufacturière allemande au plus bas... Les investisseurs attendent les prochaines annonces de la Fed et de la BCE courant septembre. Quelles perspectives se dessinent pour la rentrée 2019 ?

Rentrée 2019 : de gros nuages noirs sur la Bourse ?

(Conception : Mathilde Hodouin – Création : Charlotte Thomas)

La récession tant redoutée aura-t-elle lieu à la rentrée ? Dans la continuité de ces derniers mois, les tensions entre la Chine et les Etats-Unis ont rythmé le mois d’août. Depuis le 1er septembre dernier, Washington applique des droits de douane sur une partie des 300 milliards de dollars d’importations chinoises jusque-là non taxées. En représailles, la Chine a également relevé ses tarifs douaniers. Les investisseurs redoutent les répercussions de ce conflit commercial sur les résultats des entreprises. « Le moindre rayon d’espoir fait grimper les actions » note l’agence Reuters, mais l’ambiance reste morose sur les marchés financiers. En Europe — outre les inquiétudes liées au Brexit — tous les regards se tournent vers les banques centrales.

En attendant la FED et la BCE

Ralentissement de l’économie mondiale, signes avant-coureurs de récession envoyés par le marché obligataire… Plusieurs indicateurs pointent vers une le scénario d’une nouvelle baisse des taux de la Réserve fédérale (Fed) pour son annonce prévue le 12 septembre prochain. La consommation aux Etats-Unis reste au cœur des débats sur l’opportunité d’un assouplissement des taux. Ces dépenses pèsent pour environ 70 % de l’activité totale. Elles ont continué d’augmenter au 2e trimestre, alors que l’investissement des entreprises reculait. John Williams — président et directeur général de la Banque de réserve fédérale de New York — a déclaré que La Fed était prête à « agir de manière appropriée » pour éviter une crise économique.

Le Livre beige de la Fed dresse un tableau mitigé de la situation. John Williams a déclaré s’attendre à une croissance américaine entre 2,0 % et 2,5 % en 2019. Son confrère Eric Rosengren — président de la Fed de Boston — a rétorqué ce mardi 3 septembre qu’il ne voyait aucune raison de baisser les taux si la croissance se maintenait autour de 2 %. Enfin, Robert Kaplan — président de la Fed de Dallas — a souligné que l’objectif de taux des fonds fédéraux entre 2 % et 2,25 % dépassait les rendements de toutes les échéances des bons du Trésor, une anomalie susceptible de provoquer des distorsions. Pendant ce temps, la Banque centrale européenne (BCE) se dit prête à tous les assouplissement nécessaires pour soutenir l’activité de la zone euro.

Zone euro, le recul de l’Allemagne

De l’autre côté de l’Atlantique, l’Europe garde les yeux rivés sur l’économie allemande. Après une hausse en juin (+ 2,5 %), les commandes à l’industrie ont diminué plus fort que prévu en juillet dernier (- 2,7 %) compte tenu du recul de la demande d’exportations des pays hors zone euro. Pour rappel, le secteur industriel représente environ un cinquième du PIB allemand. Il s’est contracté de 0,1 % entre le 1er et le 2e trimestre, notamment à cause des incertitudes liées au Brexit et du ralentissement de la demande chinoise. « La baisse des nouvelles commandes augmente considérablement le risque de récession de l’économie allemande », pointe Thomas Gitzel, analyste chez VP Bank. Les perspectives du secteur industriel restent peu encourageantes.

Toutefois, la crainte d’un nouveau report du Brexit semble se dissiper. Le Premier ministre britannique Boris Johnson s’est engagé ce jeudi 5 septembre à ne jamais émettre une telle demande, malgré ses difficultés au Parlement. Plutôt « crever la gueule ouverte », a-t-il déclaré (en anglais « to be dead in a ditch »). « Cela ne mène absolument à rien. Quel sens aurait un nouveau report ? », a-t-il ajouté. Dans les circonstances présentes, Boris Johnson estime que la seule façon d’avancer était d’organiser de nouvelles élections. Elles pourraient avoir lieu le 15 octobre prochain, ou en tout cas avant le conseil européen qui se tiendra les 17 et 18 octobre. La date de la sortie de l’Union Européenne pour le Royaume-Uni reste fixée au 31 octobre… pour le moment.

Mathilde Hodouin - Le Courrier Financier

Rédactrice en chef

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