Frédéric Dupraz - Pictet AM : Gestion thématique et sécurité / PERSPECTIVES /

Asset Management - Miser sur des tendances séculaires, prévoir une croissance à long terme et anticiper les potentiels d'appréciation des entreprises mal valorisées, telle est la stratégie de gestion de Pictet AM. Dans / PERSPECTIVES /, Frédéric Dupraz, gérant du fonds Pictet Security, nous dévoile sa philosophie de gestion, entre approche thématique et biais sur la sécurité.

Lors de la diffusion en avant-première de notre nouveau rendez-vous vidéo /PERSPECTIVES/, Frédéric Dupraz, gérant du fonds Pictet Security chez Pictet AM, a répondu, au cours d’un tchat privé aux questions des CGPI. La rédaction vous propose de découvrir ces échanges.

Paul : Quelle est votre valeur favorite pour 2018 ?

Frédéric Dupraz : Bonne question ! Nous continuons à privilégier un segment, celui du processing des paiements électroniques. Dans le fonds, nous suivons plusieurs sociétés actives sur ce segment, comme Fidelity National Services et WireCard. 

Cédric : Comment expliquez-vous la bonne performance du fonds dans un contexte de marché difficile ?

Frédéric Dupraz : Depuis l’été dernier, nous avons positionné le fonds sur un biais plus défensif. Etant donnés les niveaux de volatilité de l’an dernier, nous avons modifié l’allocation. Nous nous sommes éloignés des valeurs cycliques, et avons augmenté l’allocation dans les Security Services à 50%.

Alexandre : Quel est le niveau d’exposition géographique et sectorielle du fonds ?

Frédéric DuprazEn termes d’exposition géographique, deux tiers de nos actifs proviennent des Etats-Unis, environ 20% sont exposés sur l’Europe et le reste sur l’Asie-Pacifique et les pays émergents. En termes de secteurs, le fonds est exposé à 50% aux technologies (la moitié de cette exposition correspond à la Cyber Security et l’autre moitié, aux paiements électroniques), puis nous avons 25 % de valeurs industrielles, 8% de valeurs de santé, 6% d’infrastructures de stockage et 6 % de matériau.

La stratégie du fonds sécurité est une stratégie thématique qui traverse les différents cycles boursiers, nous avons fait de belles performances, même dans des marchés volatiles. Notre stratégie s’adapte très bien aux différentes configurations de marché, et les dépenses liées à la sécurité croissent trois fois plus vite que le PIB mondial. 

Christophe : Bonjour, Pourriez-vous m’indiquer vos expositions aux devises ?

Frédéric Dupraz : Le fonds a pour monnaie de référence le dollar, avec 70% d’exposition. Puis viennent l’euro (10%), le sterling (8%), le yen (4%) et quelques autres devises. 

Cédric : Quel est le poids maximum par ligne ?

Frédéric Dupraz : Théoriquement, le processus défini nous autorise des poids de 9 % par position, mais en pratique, nous nous situons maximum entre 4 et 5%. Aujourd’hui, la principale position du fonds a 4%. 

Alexandre : Quels sont vos critères pour entrer ou sortir une valeur du portefeuille ?

Frédéric Dupraz : Il y a des critères importants comme le degré d’exposition à la thématique et les critères de risques (liquidité, volatilité). Nous menons par ailleurs une analyse fondamentale du titre de la société, dont la valorisation. Tous ces paramètres vont nous indiquer la pondération du titre en cas d’entrée dans le portefeuille. C’est un processus très rodé car il est identique depuis 20 ans.

Christophe : Est-ce que la proportion du secteur “sécurité informatique” est amenée à augmenter dans les prochaines années ?

Frédéric Dupraz : Les allocations sont toujours décidées bottom-up en fonction du stock picking. Notre allocation est stable depuis 12 à 18 mois, nous affectionnons particulièrement la Cyber Security. À l’avenir, en cas d’opportunité, nous pouvons décider d’augmenter cette allocation, mais les valorisations sont élevées.

Alexandre : Vous avez du Nxp Semiconductor en portefeuille, pensez-vous que la Chine peut mettre son veto à l’OPA ?

Frédéric Dupraz : Nous avons été très actifs sur le dossier NXP, et suivons ces actualités de fusion avec Qualcomm. Nous pensons toujours que le deal va se faire, que les autorités chinoises vont donner leur accord. Nous sommes positifs, car nous sommes convaincus que la fusion aura lieu. 

Cédric : Le parcours boursier de Wirecard est impressionnant depuis plusieurs années, pensez-vous que le titre a encore du potentiel ?

Frédéric Dupraz : Oui, nous pensons qu’il y a encore du potentiel, sur tout le segment des payment processing.  Cette industrie bénéficie d’un accroissement de 10% par an, il y a un transfert du cash vers le paiement électronique. Sur Wirecard, il faut être prudent avec les valorisations, les drivers restent intacts, il faut surveiller ce momentum bénéficiaire pour justifier des multiples qui sont encore un peu élevés.

Paul : Pouvez-vous nous décrire le business model de votre principale ligne Thermo Fisher Scientific ?

Frédéric Dupraz : Thermo Fisher fabrique des instruments d’analyse et de diagnostic pour les laboratoires, achetées principalement par les sociétés pharmaceutiques et de la santé. Aujourd’hui, c’est la principale position du fonds. Le Healthcare est plus défensif,  c’est une pureté thématique de 90%. Nous voyons beaucoup de sociétés qui accroissent leur budget d’analyse et de recherche. 

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Roxane Nojac

Rédactrice en chef - Le Courrier Financier

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