FDJ : une entrée en bourse façon Roue de la fortune ?

Actualités - Cette semaine, tous les regards de la place de Paris sont tournés vers la Française des Jeux. L'entrée en bourse de l’opérateur de jeux d’argent et de paris sportifs en ligne devrait être effective dès le 21 novembre. En cette période charnière, l'AMF met les investisseurs en garde contre le risque d'escroquerie.

FDJ : une entrée en bourse très attendue

(Conception : Mathilde Hodouin – Création : Charlotte Thomas)

Les actionnaires vont-ils toucher le gros lot ? La place de Paris se prépare à l’entrée en bourse de la Française des Jeux (FDJ) le 21 novembre prochain. Ce sera l’IPO (en anglais Initial Public Offering) la plus importante en France depuis celle d’Amundi en 2015. Le prospectus de l’opération — mis en ligne le 6 novembre dernier — indique que la FDJ pourrait être valorisée jusqu’à 3,8 milliards d’euros, rapporte l’agence Reuters. L’Etat possède encore 72 % du capital de ancienne loterie nationale, créée en 1933 pour aider les invalides de guerre. Le gouvernement espère récolter entre 1,2 milliard et 1,7 milliard d’euros, en ramenant sa part à 20 %.

Une véritable ruée vers l’or

L’opération, lancée le jeudi 7 novembre pour les particuliers, a connu un franc succès. En l’espace d’une semaine, le prix de souscription semble s’orienter vers le haut de la fourchette initiale (entre 16,50 et 19,90 euros). D’après une information communiquée ce vendredi 15 novembre aux investisseurs par les banques chargées du placement, le prix de souscription oscillerait désormais entre 18,50 et 19,90 euros. Cette envolée montre l’action de l’opérateur de jeux d’argent et de paris sportifs en ligne déjà victime de son succès. Le placement aurait été sursouscrit, avancent les banques. La souscription doit s’achever mardi prochain 19 novembre à 20 heures pour les particuliers.

Un tiers des actions introduites en bourse leur sont réservées, a indiqué Bruno Le Maire, ministre de l’Economie et des Finances, dans un entretien accordé au Parisien. Pour ces investisseurs non-professionnels, le risque reste « mesuré », considère Bruno Le Maire. « La FDJ a une croissance dynamique et les chiffres de la consommation de jeux en France sont en augmentation régulière », précise-t-il. La FDJ a enregistré une croissance des mises de 5 % en moyenne sur les 25 dernières années. La politique de dividendes prévoit une redistribution de 80 % du résultat net à partir de 2020. Brexit, guerre commerciale, ralentissement mondial… Cette IPO intervient dans un contexte compliqué sur les marchés financiers.

L’AMF appelle à la vigilance

Un tel succès n’a pas manqué d’attirer les escrocs de tout poil. Dès le 8 novembre, l’Autorité des marchés financiers (AMF) a publié une note de mise en garde. Le régulateur « a constaté l’apparition de plusieurs sites internet frauduleux offrant à des épargnants la possibilité d’acquérir des actions de la Française des Jeux sans y être autorisés. Le nom de la Française des Jeux est susceptible d’être utilisé ici de manière abusive ». L’AMF recommande aux investisseurs de faire preuve « de vigilance et de discernement » en ce qui concerne les intermédiaires auxquels ils peuvent s’adresser, notamment les plateformes internet. L’AMF tient à disposition du grand public la liste des prestataires autorisés.

Mathilde Hodouin - Le Courrier Financier

Rédactrice en chef

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