La Russie en pleine convalescence

Asset Management - Au premier trimestre 2017, la croissance de la Russie a atteint 0,5 %. Elle a été soutenue par les investissements. En revanche, la consommation des ménages a continué à diminuer. Néanmoins, depuis le mois de mars, les ventes au détail ont enregistré une croissance de +0,9 % en avril et les ventes automobiles ont progressé de 5,1 % permettant d’espérer un deuxième trimestre plus porteur pour la consommation.

Les Russes bénéficient d’une stabilisation de l’inflation, en mai, qui n’a été que de 4,1 % contre 7,3 % il y a encore un an. Par ailleurs, les salaires demeurent orientés à la hausse ce qui ouvre droit à une augmentation du pouvoir d’achat. La baisse du chômage constitue également un point favorable pour la reprise de la consommation.

Comme en Europe, les indices de confiance sont en nette progression tout comme la production industrielle, soit +5,6 % en mai. Les résultats des entreprises sont en forte hausse. En 2016, les profits ont enregistré une progression de 38 %. Le nombre d’entreprises liquidées s’est stabilisé à 9,9 pour 1000 en février et mars 2017 alors qu’il s’élevait à 19,1 pour 1000 en décembre 2016. L’investissement est en augmentation grâce à la diminution des taux d’intérêt.

La situation des banques s’est fortement améliorée. Elles ont renoué avec les bénéfices qui ont retrouvé leur niveau d’avant crise. Le déficit de liquidités a disparu permettant le règlement des importations.

Les finances publiques demeurent sous contrôle. Ainsi, le déficit budgétaire du gouvernement fédéral s’élevait à 1,7 % du PIB sur les cinq premiers mois de l’année 2017, soit en baisse de 2,9 points par rapport à l’année dernière. Cette amélioration est imputable à l’accroissement des recettes en provenance du pétrole et du gaz. Par ailleurs, les  dépenses du gouvernement ont diminué de près de 3 points de PIB. Hors recettes issues du pétrole et gaz, le solde public est de 7,9 % du PIB en baisse de 4,6 point depuis la fin de l’année dernière. Sur les trois premiers mois de l’année, le déficit a été financé à 70 % par des prélèvements sur le fonds de réserve, le solde ayant été financé par des émissions de dette sur le marché domestique. Près de 60 % des dépenses de l’État étaient affectées aux retraites et à la défense.

La Russie dégage toujours un abondant excédent au niveau de sa balance des paiements de plus de 4,1% du PIB (soit près de deux points de PIB supplémentaires par rapport au premier trimestre de l’année dernière). Le solde courant a augmenté de 1,6 point de PIB pour atteindre 6,7% du PIB grâce à la hausse des prix du pétrole et du gaz. Dans le même temps, en dépit des importants remboursements de dette de la part des banques, le déficit du compte financier a légèrement diminué de 0,4 point de PIB à 2,6 % du PIB.

Le taux de croissance pour l’ensemble de l’année devrait se situer autour de 1,4 %. En 2018, un taux de 1,6 % est prévu. L’inflation serait de 4,5 % tant en 2017 qu’en 2018. Une éventuelle baisse du prix du pétrole pourrait handicaper la Russie et contraindre les autorités à puiser plus fortement que prévu dans les fonds de réserve.

Philippe Crevel

Directeur du Cercle de l'Épargne

Voir tous les articles de Philippe