Raymond Leban - CGPC : la protection des personnes vulnérables, un défi pour les CGP

Responsabilité sociale - Depuis quelques années, le nombre de mesures juridiques de protection à l'égard des personnes vulnérables augmente en France. Quels défis cette clientèle représente-elle pour les CGP ? Raymond Leban, Président de la CGPC, nous présente le thème de la convention 2019 de l'association.

La population française vieillit. Dans l’univers de la gestion de patrimoine, cela provoque une hausse des mesures de protection pour les personnes vulnérables. De quoi ouvrir de nouvelles perspectives aux CGP. « Une personne vulnérable ne dispose pas de la pleine capacité pour décider et agir au mieux de ses intérêts, qu’ils soient de vie, financiers ou patrimoniaux (…) par suite d’un accident de la vie, d’un handicap, pour des raisons conjoncturelles — choc émotionnel, grossesse, etc. — et enfin juste parce que l’âge avance », nous explique Raymond Leban, Président de l’association française des Conseils en Gestion de Patrimoine Certifiés (CGPC).

Sensibiliser les gestionnaires de patrimoine

Ce sujet d’actualité sera le thème de la prochaine convention de la CGPC. L’événement se tiendra le mardi 25 juin 2019 à la Fondation Dosne-Thiers de l’Institut de France, dans le IXe arrondissement de Paris. La France recense plus de 800 000 mesures de protection à l’égard de personnes vulnérable. Ce dispositif implique l’intervention de nouveaux acteurs, à savoir les mandataires judiciaires. Entre risques spécifiques et responsabilités accrues, les CGP ont besoin d’être formés afin de trouver leur place. « Avec l’avancée de l’âge et l’allongement de la durée de la vie, la montée de la vulnérabilité dans le portefeuille des CGP est inéluctable », souligne Raymond Leban.

Face à cette situation, le conseil en gestion de patrimoine dispose de plusieurs options. Anticiper la vulnérabilité d’un client à travers la mise en place d’un mandat de protection future présente un intérêt certain. Stéphane Vallory, Avocat à la Cour et Responsable des formations préparatoires juridiques à CGPC, abordera notamment ce sujet en conférence. Il existe une multitude de cas et de conséquences possibles. « Pour un chef d’entreprise par exemple, la mise en vulnérabilité (non anticipée, NDLR) peut être une catastrophe », relève Raymond Leban. Pour aller plus loin, Charlotte Robbe, Avocate à la Cour, analysera les risques et les précautions à prendre quand le conseil en gestion de patrimoine opère pour une personne vulnérable.

Une source d’opportunités pour les CGP

La Convention CGPC 2019 se terminera avec une intervention sur les bonnes pratiques de conseil et de distribution des produits d’investissement aux personnes vulnérables. « Ce fait sociétal peut être une source de développement de l’activité pour le CGP », assure Raymond Leban. Pour explorer largement ce sujet, l’association accueillera Frédéric Robin, Référent personnes vulnérables de la Direction des réseaux vie de Covéa, Philippe Baillot, Médiateur de l’Assurance, Marie-Christine Caffet, Médiatrice auprès de la Fédération bancaire française et Claire Castanet, Directrice des relations avec les épargnants (AMF) et ancienne coordinatrice du Pôle commun ACPR-AMF. De quoi préparer l’avenir de la profession de CGP avec sérénité.

Mathilde Hodouin - Le Courrier Financier

Rédactrice en chef

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