Etats-Unis : investiture de Joe Biden, à l’ombre des drapeaux

Actualités - Cette semaine, la cérémonie d'investiture de Joe Biden à Washington s'est déroulée dans une atmosphère tendue. Face à une Amérique plus divisée que jamais, le 46e président des Etats-Unis entame un mandat très délicat. Comment les Etats-Unis entendent-ils rétablir leur leadership mondial ?

Etats-Unis : investiture de Joe Biden, à l'ombre des drapeaux

(Conception : Mathilde Hodouin – Réalisation : Amandine Victor)

« O say can you see… by the dawn’s early light… » Ce mercredi 20 janvier à Washington, Joe Biden est devenu 46e président des Etats-Unis. L’hymne national américain a retenti depuis le Capitole, face à un parc de la National Mall presque désert. Pour raisons sécuritaires et sanitaires, les spectateurs étaient représentés par des centaines de milliers de drapeaux plantés dans la pelouse. Un écho étrange aux paroles de la chanson, qui évoque la bannière étoilée. Une conclusion sous forme de réconciliation nationale, pour une campagne qui a particulièrement divisé le pays ? « Je serai le président de tous les Américains ! », a affirmé Joe Biden (78 ans).

Donald Trump, abonné absent

La cérémonie était placée sous haute surveillance, après l’invasion du Capitole le 6 janvier dernier par les partisans de Donald Trump (75 ans). La capitale fédérale des Etats-Unis a déployé 25 000 membres de la Garde nationale. C’est cinq fois le nombre de soldats américains actuellement stationnés en Iraq et en Afghanistan réunis, rapporte Statista. Pour l’investiture de Donald Trump, près de 8 000 membres de la Garde nationale avaient été mobilisés — en plus des services secrets et des forces de l’ordre présents en temps normal. Situation inédite depuis 150 ans, les célébrations se sont déroulées en l’absence du président sortant.

Donald Trump avait prévenu qu’il ne participerait pas — préférant regagner sa résidence de Mar a Lago en Floride. De leur côté, les anciens présidents Bill Clinton, George W. Bush et Barack Obama ont assisté à l’investiture en compagnie de leurs épouses. Seul Jimmy Carter (94 ans) a décliné l’invitation pour raisons de santé. D’autres politiciens étaient présents, notamment les républicains Mitch McConnell (ex-chef de la majorité au Sénat) et Mike Pence (ex-vice-président américain) ainsi que les démocrates Nancy Pelosi (cheffe de file du parti à la Chambre des représentants) et Bernie Sanders (sénateur du Vermont).

Du travail pour Joe Biden

Dans leurs discours respectifs, le démocrate Joe Biden et le républicain Donald Trump ont soigneusement évité de prononcer le nom de leur adversaire. Ce mardi 19 janvier, l’ancien président a dressé un portrait flatteur de sa présidence. Il s’est notamment félicité d’avoir « uni les nations du monde pour faire face à la Chine » et de n’avoir déclenché aucune guerre à l’étranger. Donald Trump a aussi formulé des vœux pour que l’Administration Biden préserve « la sécurité et la prospérité de l’Amérique ». En guise de conclusion, le milliardaire a déclaré : « je veux que vous sachiez que le mouvement que j’ai initié n’en est qu’à ses débuts ».

De quoi relancer les rumeurs d’une candidature de Donald Trump en 2024… Mais d’ici là, « nous avons beaucoup de choses à faire » a déclaré le président Joe Biden. Dès ce mercredi 20 janvier, le nouveau président a engagé 17 actions présidentielles pour revenir sur les mesures phares de Donald Trump. Les États-Unis vont notamment revenir dans l’accord de Paris sur le climat et au sein de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS). La lutte contre le réchauffement climatique, les mesures sanitaires contre la Covid, les inégalités raciales et sociales et la redéfinition de la politique migratoire des Etats-Unis figurent aussi parmi les priorités du nouveau président.

Mathilde Hodouin - Le Courrier Financier

Rédactrice en chef

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