Pierre Valentin – Ecofi, Actifs pour le futur : « développer la distribution intermédiée vers les particuliers »

Responsabilité sociale - En 2020, Ecofi Investissements réaffirme son statut d'entreprise à mission, et change son nom pour devenir « Ecofi, Actifs pour le futur » (Ecodi). A cette occasion, Pierre Valentin, président du directoire d'Ecofi, répond aux questions du Courrier Financier.

Un changement de nom pour une renaissance. Ce lundi 21 septembre, Ecofi Investissements — société de gestion du Groupe Crédit Coopératif, membre de BPCE — annonçait devenir « Ecofi, Actifs pour le futur » (Ecofi). A cette occasion, l’entreprise publiait sur YouTube son film manifeste 2020.

Pierre Valentin, président du directoire d’Ecofi, revient en exclusivité pour Le Courrier Financier sur le statut d’entreprise à mission d’Ecofi et son positionnement ESG. Quelles perspectives pour la société de gestion ?

Le Courrier Financier : Pourquoi êtes-vous devenus « entreprise à mission » ?

Pierre Valentin : Ce que nous attendons des entreprises dans lesquelles nous investissons, nous l’appliquons désormais à nous-mêmes. En inscrivant dans nos statuts notre attachement à l’Investissement socialement responsable (ISR) et à la finance solidaire, nous assurons à toutes nos parties prenantes — clients, partenaires, collaborateurs — que cet engagement, cohérent avec notre positionnement actuel, est durable.

Ainsi, en devenant entreprise à mission et en inscrivant sa raison d’être dans ses statuts, Ecofi renforce et pérennise ses engagements, et les soumet à la vérification d’un tiers indépendant.

C.F. : Quelle est votre « raison d’être » ?

P.V. : Notre raison d’être rappelle les fondamentaux de notre métier et notre engagement pour la finance durable. « Ensemble, nous bâtissons des solutions d’investissement alliant performance financière et respect de
l’Homme et de la Planète. Actifs pour le futur, nous prenons les devants pour façonner un avenir dont nous sommes tous responsables.
 »

C.F. : Pourquoi Ecofi a-t-elle transformé sa gamme de fonds ouverts en 100 % ISR dès janvier 2019 ?

P.V. : L’engagement d’Ecofi pour la finance durable est ancien : nous avons créé le premier fonds de partage en Europe en 1983, notre premier fonds ISR date de 2000, notre adhésion aux PRI de 2009 et nous avons créé un indice ISR actions européen en 2015.

Il nous fallait franchir une nouvelle étape, aucune raison valable ne justifiant que la démarche ISR soit réservée à quelques fonds, tandis que d’autres ne tiendraient pas compte des critères Environnementaux, Sociaux et de Gouvernance. C’est donc tout naturellement que, dès janvier 2019, notre gamme de fonds ouverts est devenue 100% ISR.

C.F. : Concrètement, comment cela se traduit-il ? Quels critères ESG appliquez-vous dans votre gestion ?

P.V. : Notre processus pour l’intégralité de notre gamme de fonds ouverts se déroule en trois temps, en amont de l’analyse financière :

  • exclusions sectorielles (jeux d’argent ; tabac ; extraction et production d’énergie liée au charbon ; armements controversés) et des paradis fiscaux ;
  • sélection des entreprises au regard de leur gestion des enjeux Environnementaux, Sociaux et de Gouvernance (ESG), en éliminant de l’univers d’investissement les entreprises les moins performantes selon ces critères ;
  • exclusion des entreprises controversées, soit celles qui font face à des incidents majeurs (atteinte aux droits humains, pollution…).

L’engagement actionnarial complète ce processus à travers un vote systématique — avec un vote d’opposition de 43 %, bien supérieur à la moyenne du secteur ; en dehors de certains fonds indexés et fonds à gestion déléguée — et un dialogue engagé, en soutenant par exemple 116 résolutions d’actionnaires déposées en 2019.

C.F. : Quels objectifs ESG vous fixez-vous ? Comment Ecofi, Actifs pour le futur va-t-elle se développer ?

P.V. : Ecofi est à une nouvelle étape de son engagement et de son développement, en inscrivant plus que jamais sa démarche dans le long terme. Avec des ambitions fortes pour développer la distribution intermédiée vers les particuliers — assurance-vie, banques privées, plateformes et réseaux — et une volonté d’impact, pour accompagner une transition juste.

Par exemple, afin de mieux analyser les risques climatiques de nos investissements, nous avons décidé de calculer l’alignement des sociétés sur le scénario climatique conforme à l’Accord de Paris, c’est-à-dire permettant de limiter le réchauffement en-dessous de 2°C.

Mathilde Hodouin - Le Courrier Financier

Rédactrice en chef

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