Albert d’Anthoüard – Nalo : « Il n’y a pas de problème d’âge lié à l’assurance vie »

Patrimoine - Comment optimiser son épargne en vue d’une transmission de patrimoine ? Faut-il privilégier les fonds indiciels dans l’allocation d’un contrat d’assurance vie ? Ce type de placement reste-il intéressant, même après 70 ans ? Albert d’Anthoüard, Associé et Directeur de la clientèle privée chez Nalo — FinTech spécialisée en conseil financier et assurance vie — répond en exclusivité aux questions du Courrier Financier.

Fiscalité allégée, transmission d’un capital ou encore versement d’une rente… L’assurance vie permet d’organiser son patrimoine financier à moyen et long terme. C’est le placement préféré des Français. Comment tirer parti de cette enveloppe fiscale ? Créée en 2017, la FinTech Nalo — conseil en investissements financiers et assurance-vie — propose aux épargnants de définir une allocation d’actifs sur mesure. Nalo investit en fonds euros et dans des fonds indiciels — actions et obligations —  aussi appelés ETFs (Exchange Traded Funds) ou Trackers. Ces produits financiers s’adossent à un indice boursier dont ils suivent la performance.

A l’heure de l’économie numérique, tout commence en ligne. Nalo s’appuie sur un premier questionnaire mené par un robo-advisor : objectif de l’épargne, profil de risque, patrimoine disponible, etc. Quelques clics suffisent pour mettre son profil à jour — par exemple suite à la naissance d’un enfant. Les allocations peuvent ainsi être automatiquement modifiées. La startup Nalo permet à l’utilisateur d’insérer autant d’allocations d’actifs dans un contrat qu’il le souhaite. L’outil vise un objectif de simplicité, de proximité et de rapidité. « Sur notre plateforme, vous pouvez souscrire un contrat d’assurance vie en l’espace de 5 minutes », nous assure Albert d’Anthoüard, Associé et Directeur de la clientèle privée chez Nalo.

Le Courrier Financier : Qu’est-ce qui vous différencie sur le marché de l’assurance vie ?

Albert d’Anthoüard

Albert d’Anthoüard : Aujourd’hui, les progrès technologiques transforment la gestion d’actifs et plus globalement la gestion de patrimoine. Nous voulons accompagner les particuliers dans cette voie nouvelle. Pour la rapidité administrative, nous nous appuyons sur une interface de programmation (API) qui procède par transferts de flux d’information. Nous avons décidé d’automatiser les tâches à faible valeur ajoutée, ce qui permet d’optimiser les frais de gestion et de laisser plus de place aux relations humaines. Nalo Patrimoine cherche à dégager du temps pour le conseil, par exemple pour la validation de la clause bénéficiaire.

Les fonds indiciels à frais réduits (ETF) — qui coûtent de 10 à 20 fois moins cher que les Sicav/OPCVM — dans lesquels nous proposons d’investir sont des supports efficaces pour la diversification. Grâce à ces fonds, un portefeuille géré par Nalo — quelque soit son montant — est investi dans 4 000 à 5 000 titres à travers le monde, là où un portefeuille traditionnel serait investi dans 400 à 600 titres. Nous avons choisi ces supports d’investissement avec soin, en sélectionnant une trentaine de fonds après en avoir analysé plus de 5 000. En 2018, cela nous a permis d’amortir les vagues d’une année complexe et de finir avec des performances très honorables par rapport au marché.

Avec notre outil de simulation en ligne, nous posons des questions simples pour personnaliser chaque contrat. Chez Nalo, chaque client est géré indépendamment. Ce processus permet de sécuriser l’allocation en fonction du but de l’épargne. Plus le projet arrive à échéance, plus les actifs sont sécurisés avec un modèle différent en fonction du type de projet. Ce n’est pas la même chose d’épargner pour sa retraite —  vous n’aurez pas besoin de l’argent tout de suite — ou de mettre de l’argent de côté pour le faire fructifier en vue d’un achat immobilier !

C.F. : Que représente la limite des 70 ans pour souscrire un contrat d’assurance vie ? Est-ce toujours un placement intéressant ?

A.A. : Cet argument est surtout bon pour la vente ! Ce qu’il faut retenir, c’est qu’il existe deux fenêtres de tir avec des avantages fiscaux différents. C’est inscrit dans le code général des impôts (CGI), il n’y a pas de surprise. Aujourd’hui avant 70 ans, tous vos versements sur un contrat d’assurance vie bénéficient d’un abattement de 152 500 euros par bénéficiaire. Au-delà, vous êtes taxés à 20 % jusqu’à 852 500 euros. Ensuite, le taux de prélèvement monte à 31,25 %. Depuis la loi TEPA du 21 août 2007, les conjoints survivants et partenaires pacsés sont exonérés de prélèvement.

Après 70 ans, vous bénéficiez d’un abattement de 30 500 euros tous bénéficiaires confondus. Au-delà, votre capital sera soumis à des droits de succession dans sa partie civile comme fiscale. En revanche, les intérêts ne subissent aucune taxe, sans limite de plafond. Même à plus de 70 ans, verser ses capitaux dans son assurance vie peut-être tout à fait justifié. Quel que soit le cas de figure, l’assurance vie permet d’optimiser la transmission.

J’ajoute qu’une rédaction réfléchie de la clause bénéficiaire — choisir le démembrement par exemple, plutôt qu’une clause standard — permet de bien préparer sa succession. Ce serait un erreur de ne pas s’y attarder ! Il n’y a pas de « problème d’âge » lié à l’assurance vie. Elle est utile à tout moment de vie, simplement avec des spécificités différentes.

C.F. : Quels changements la loi Pacte va-t-elle apporter à votre activité ?

A.A. : En France, l’assurance vie représente 40 % du volume de l’épargne. Pendant longtemps, cette manne a été la chasse gardée des bancassureurs. Nous estimons que 80 % des fonds versés sont gérés par 10 % des acteurs du marché. La loi Pacte introduit un peu de souplesse dans le système. Nalo s’est engagé pour la transférabilité sans impact fiscal dès la lecture du projet, et notre ténacité a payé ! D’ici fin 2019, vous pourrez transférer sans impact fiscal votre épargne en assurance vie d’un contrat A vers un contrat B chez un même assureur. L’étape suivante, c’est la transférabilité entre assureurs. Nous militons fortement dans ce sens. C’est un sujet important pour les Français, parce qu’ils aiment la flexibilité et le sentiment de liberté qu’elle procure.

Nous savons que les législateurs réfléchissent très sérieusement à la question. Si votre contrat ne convient plus à vos projets, comment concevoir que vous deviez être fiscalisé pour en changer, alors que toutes les autres enveloppes d’investissement ne subissent pas cette pénalité ? La transférabilité complète bénéficierait à l’ensemble du marché. Les épargnants auraient accès à davantage de fonds, ce qui correspond à notre vision de la personnalisation de l’investissement. Les banques et les assureurs seraient forcés de s’adapter. Le renforcement de la concurrence les pousserait à innover et à diversifier leurs produits. De quoi créer aussi de nouvelles opportunités pour le conseil en gestion de patrimoine.


Mathilde Hodouin - Le Courrier Financier

Rédactrice en chef

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