SCPI de rendement : plus de 8 milliards d’euros de collecte en 2019

Immobilier - Sur l'année 2019, les SCPI enregistrent une collecte record. Selon une étude MeilleureSCPI.com, le marché de la pierre-papier se développe fortement. Face à la baisse de rendement des fonds en euros et du Livret A, attention toutefois à ne pas négliger les risques inhérents à l'épargne immobilière.

L’épargne immobilière a le vent en poupe. Baisse du rendement des fonds en euros, recul du taux du Livret A (0,50 %)… Les investisseurs perçoivent les SCPI de rendement comme un gage de rentabilité et de sécurité. L’image rassurante du sous-jacent immobilier favorise la croissance de la collecte. La situation incertaine sur les marchés financiers a renforcé cet intérêt. Les SCPI de rendement ont collecté 8,64 milliards d’euros sur l’année 2019. Ce chiffre représente une hausse de +61 % par rapport à 2018, d’après une étude publiée ce jeudi 5 mars par la plateforme MeilleureSCPI.com.

L’émergence de thématiques fortes

Cette dynamique s’observait déjà au premier semestre 2019, où les SCPI de rendement enregistraient plus de 4 milliards d’euros. La collecte a surtout bénéficié aux SCPI de bureaux (50 %) et aux SCPI diversifiées (29 %). Leur forte croissance traduit l’engouement des investisseurs. Certains gérants en profitent pour revaloriser le prix de la part, comme Sogenial avec la SCPI Cœur de Ville (capital variable). Les SCPI spécialisées (14 %) et les SCPI de commerces (7 %) ferment le palmarès de la collecte 2019. Plus en marge, les thématiques fortes (santé, logistique, hôtellerie, etc.) séduisent aussi les épargnants.

Lors du SCPI Digital Tour 2020, Le Courrier Financier a pu rencontrer des gérants qui investissent sur ce genre de thématiques. Parmi eux, la SCPI ActivImmo (capital variable) dédiée aux entrepôts d’activité et de logistique. Elle investit « dans un parc immobilier locatif, entièrement dédié aux activités périurbaines des grandes, moyennes, petites entreprises dans la gestion, l’assemblage et la livraison de leur stock », résume Pauline Collet, Directrice des relations investisseurs chez Alderan. Développement du e-commerce, logistique du dernier kilomètre… La SCPI vise 6 % de rendement et une capitalisation de 50 millions d’euros à fin 2020.

Marché en pleine transformation

L’intérêt des investisseurs se traduit par un ticket moyen à 73 000 euros, soit une augmentation de +4 % depuis l’an dernier. Ce montant retombe entre 40 000 et 50 000 euros, en excluant les assurances vie. L’arrivée massive d’associés particuliers rappelle cependant le rôle crucial du conseil. « Cet intérêt plus important pour l’immobilier n’est pas forcément une bonne nouvelle. La SCPI comporte des risques (rendement, dividende, capital) : ce n’est pas une alternative équivalente au Livret A ! Elle doit rester un produit de diversification patrimoniale », prévient Jonathan Dhiver, Fondateur de MeilleureSCPI.com.

Côté professionnels, l’année 2019 a été active pour les gérants. Ils ont investi la collecte dans sa totalité (9,5 milliards d’euros). Ils ont ainsi acquis près de 3 millions de m2 de surface. Leur intérêt s’est concentré sur des actifs localisés à Paris et en Ile-de-France (45 %), à l’étranger (33 %) et enfin en régions (22 %). Sur l’échantillon de 92 SCPI analysées dans l’étude, les SCPI de rendement affichent 4,40 % de TDVM moyen. Un résultat à relativiser en fonction de la typologie de l’investissement. Toutes catégories confondues, la performance global des SCPI de rendement atteint 5,65 % en 2019.

SCPI : plus de 8 milliards d'euros de collecte en 2019
Source : MeilleureSCPI.com

Cette année aura été marquée par l’attractivité des fonds immobiliers. L’aversion au risque de l’épargnant français l’éloigne d’autant plus de la bourse que les années 2018 et 2019 ont connu une forte volatilité, à la hausse comme à la baisse. SCPI de rendement, OPCI Grand Public, SIIC et SCI… Les fonds immobiliers proposent une alternative pertinente, avec des performances remarquables malgré l’impact des taux négatifs. Leur rendement moyen en termes de distributions de dividendes a ainsi atteint 5,15 % en 2019. Une bonne raison pour s’intéresser à ce marché, mais « avec de la pédagogie pour l’épargnant », conclut Jonathan Dhiver.

Mathilde Hodouin - Le Courrier Financier

Rédactrice en chef

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