Bon trimestre pour les bourses européennes, et maintenant ?

Asset Management - Qu’espérer des prochains mois ? L’incertitude reste entière aux Etats-Unis. Elle recule en Europe mais une mauvaise surprise ne peut être totalement écartée en Mai ou en Juin en France. Les marchés actions européens pourraient progresser encore un peu tant que la Bourse de New-York ne recule pas. Le potentiel de hausse à court terme est désormais très limité.

 

Le trimestre s’est achevé sur une note très positive pour les marchés actions qui progressent de 4 à 5% en moyenne dans les pays développés et de 10% dans les pays émergents. L’environnement économique et financier est resté favorable en mars et les perspectives bénéficiaires des entreprises se sont encore améliorées.

L’optimisme des marchés américains ne se dément pas, les investisseurs minimisant les échecs législatifs du Président Trump. La correction, ou plutôt la pause du mois de mars, a été mineure et sans doute insuffisante pour augmenter l’attractivité des actions américaines. Cependant, le phénomène marquant de ce mois a été le rattrapage des actions européennes. La baisse du risque politique, à la suite des élections aux Pays-Bas et avec l’évolution des sondages en France, a en effet entraîné un retour, encore timide, des investisseurs internationaux.

 

Les marchés obligataires ont été moins bien orientés sur le trimestre, enregistrant des performances neutres à négatives (jusqu’à -3% pour les emprunts d’Etat les plus longs). Les obligations privées à haut rendement et les obligations émergentes se sont mieux comportées (entre 1 et 3% de gain). Mais sur le dernier mois, presque tous les actifs obligataires ont baissé. La remontée des taux de la FED de 0.25% a en effet entraîné des perturbations, assez modérées et sans doute temporaires. En effet, les anticipations d’inflation se stabilisent, ce qui était également attendu, alors que la forte hausse de l’énergie et des matières premières, en glissement sur un an, arrive à son terme. Les dernières communications de la FED et de la BCE ont d’ailleurs été jugées très raisonnables et moins inquiétantes pour les taux d’intérêt.

 

Qu’espérer des prochains mois ?

 

L’incertitude américaine reste entière.  L’échec de l’annulation de « l’Obama Care » prive le gouvernement de plusieurs centaines de milliards d’économies qui aurait été utilisées en partie pour financer le programme de relance économique et de baisse des impôts. De nouvelles négociations entre le Congrès et la Présidence seront d’autant plus nécessaires pour aboutir à la mise en place des réformes promises par Donald Trump. Pour avoir un effet sur la croissance cette année (et donc sur la Bourse…) il faudrait que toutes ces lois soient votées avant l’été. Ce qui n’est pas acquis. Quelques mesures limitées de baisse des impôts semblent assez réalisables et pourraient peut-être éviter de trop fortes déceptions. En définitive, il nous semble que les Bourses américaines ont suffisamment anticipé toutes ces mesures et qu’il faut maintenant des faits concrets pour les stimuler davantage. A contrario, les marchés américains ne semblent pas surévalués non plus ce qui limite le risque de baisse. Attention donc à l’ampleur des déceptions plus qu’aux déceptions elles-mêmes !

 

L’incertitude recule-t-elle en Europe ? Oui indéniablement au vu des sondages, mais le risque de mauvaise surprise ne peut pas être encore totalement écarté. Pour l’instant, grâce à un environnement économique satisfaisant, les marchés actions européens pourraient progresser encore un peu si la Bourse de New-York ne recule pas.

 

Le potentiel d’appréciation à court terme des indices actions s’est encore réduit. Les objectifs des indices européens sont même dépassés. A moyen terme, malgré la baisse du risque politique européen, l’incertitude sur les réformes aux Etats-Unis bloque les révisions haussières des profits, de la croissance et donc celles des prévisions sur les indices. Par ailleurs, nous avons légèrement abaissé nos objectifs de hausse pour les taux souverains américains et allemands.