Karl Toussaint du Wast – formacrypto.fr : stablecoins, « le marché n’a pas terminé sa correction »

Asset Management - Cette semaine, le marché des cryptomonnaies est secoué par la chute de la blockchain Terra. La quatrième stablecoin du marché s'est effondrée. Que s'est-il passé ? Quelles conséquences pour les investisseurs ? Karl Toussaint du Wast, co-fondateur de Netinvestissement et fondateur de formacrypto.fr, répond en exclusivité au Courrier Financier.

Ce mercredi 11 mai, le marché des cryptomonnaies a été secoué par un krach inédit. Le stablecoin terra USD (ou UST) et la cryptomonnaie luna se sont effondrés, malgré la mobilisation de l’équivalent de 1,5 milliard de dollars en bitcoins pour ramener l’UST à l’équilibre. Créée en 2018 et considérée comme très prometteuse, la blockchain Terra a été mise à l’arrêt. Comment expliquer une telle chute pour la quatrième stablecoin la plus importante du marché ? Quels réflexes les investisseurs qui s’intéressent à l’univers des crypto-actifs doivent-ils adopter ? La Karl Toussaint du Wast, co-fondateur de Netinvestissement et fondateur de formacrypto.fr, répond en exclusivité au Courrier Financier.

C.F. : Qu’est-ce qu’un stablecoin ? Comment ces cryptomonnaies fonctionnent-elles ?

Karl Toussaint du Wast - formacrypto.fr : stablecoins, « le marché n'a pas encore terminé sa correction »
Karl Toussaint du Wast

Un stablecoin est une crytomonnaie qui réplique une monnaie fiduciaire classique, telle que l’euro ou le dollar. Il existe deux types de règles de fonctionnement pour les stablecoins : les stablecoins « collatéralisés » en ratio 1 pour 1 et les stablecoins algorithmés, plus risqués car reposant sur des échanges entre protocoles décentralisés.

C.F. : Les cryptomonnaies sont-elles réellement décorrélées des marchés financiers ?

De par sa philosophie décentralisée, il serait logique de se dire que les cryptomonnaies soient décorrellées des marchés financiers traditionnels. Or pour le moment, cela n’est pas le cas, au contraire. Les courants et tendances se suivent entre le marché crypto et les bourses actions. 

C.F. : Sur quels critères les investisseurs doivent-ils s’appuyer pour investir en cryptomonnaie ?

L’investisseur doit respecter quatre règles d’or. Premièrement, vous devez apprendre et vous former — sur le site www.formacrypto.fr par exemple. Deuxièmement, en tant qu’investisseur vous devez privilégier plutôt les plateformes françaises, qui bénéficient du statut prestataire de services sur actifs numériques (PSAN).

Troisièmement, il ne faut investir qu’une petite partie de vos avoirs — c’est-à-dire 5 % à 10% maximum. Quatrièmement, vous devez vous concentrer sur les principales cryptomonnaies et les principaux protocoles. Evitez les petites cryptomonnaies.

C.F. : Pourquoi le Tera USD a-t-il chuté de façon spectaculaire ce mercredi 11 mai ?

Justement parce qu’il s’agit d’un stablecoin algorithmé et non pas collatéralisé. Le risque de perte de contrôle — ou de prise de contrôle par un tiers — est plus importante dans le premier cas. Pour faire simple, c’est suite à un retrait massif et brutal d’une grande quantité de liquidités sur le protocole que le ratio de change entre le stablecoin et le dollar s’est décorrélé très fortement.

C.F. : Quelles conséquences pour les entreprises exposées ? Et pour le marché des cryptomonnaies ?

Cela rappelle, une fois de plus, l’importance de rester très prudent, mesuré et rationnel. Le secteur des cryptomonnaies n’est pas un paradis nourrit de bienveillance. Cela reste un écho système décentralisé ou évoluent le meilleur comme le pire. Les entreprises exposées au TUSD doivent pour le moment accuser le coup de la chute — de près de 40 % tout de même — et s’attendre à une fort peu probable remontée du cours.

C.F. : Est-ce le moment d’investir ou de vendre ? Quel avenir pour l’univers des cryptomonnaies ?

La plupart des experts du secteur s’attendent à présent à une baisse globale du marché jusqu’au 20 000 dollars pour le bitcoin, à partir de quoi il sera très opportun d’envisager une entrée (ou une rentrée) sur le marché. Je pense en effet qu’au moment ou je rédige ces lignes, le marché n’a pas encore terminé sa correction. 

Mathilde Hodouin - Le Courrier Financier

Rédactrice en chef

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