Réforme des retraites : Jean Castex veut relancer les négociations

Actualités - Le Premier ministre, Jean Castex, s'est exprimé cette semaine sur le nouveau calendrier de la réforme des retraites. Les négociations doivent reprendre avec les partenaires sociaux dès cet été. Quelles perspectives, malgré la pandémie de coronavirus ?

Réforme des retraites : Jean Castex veut la relancer

(Conception : Mathilde Hodouin – Réalisation : Amandine Victor)

La crise sanitaire du coronavirus a mis de nombreux dossiers en attentes. Malgré les grèves de l’hiver dernier, la réforme des retraites devait être discutée au Parlement à partir de début février dernier. Après la pause du confinement (mi-mars à mi-avril 2020), l’Etat revient aux affaires. Pour ce faire, l’Elysée a nommé Jean Castex — ex « Monsieur déconfinement » — au poste de Premier ministre le 3 juillet dernier. Ce haut-fonctionnaire, élu local (LR) à la mairie de Prades (Pyrénées-Orientales), n’a pas perdu de temps. Dès cette semaine, le nouveau chef du Gouvernement a annoncé qu’il allait relancer la machine et rouvrir les négociations.

Longues négociations

Ce mercredi 8 juillet dans la matinée, Jean Castex a pris la parole sur sur RMC-BFM TV. Le nouveau Premier ministre précise qu’il souhaite séparer ce que sera le futur régime universel avec en toile de fond « le devenir des régimes sociaux ». Il compte donc recevoir tous les partenaires sociaux d’ici le 20 juillet prochain. Pas de précipitation pour mener ce « travail de long terme ». Interrogé par Jean-Jacques Bourdin sur son calendrier, Jean Castex répond que « des fois, perdre un mois, deux mois, c’est en gagner ». Le même jour devant l’Assemblée nationale, le successeur d’Edouard Philippe a martelé sa détermination : « nous ne renoncerons pas ».

Son gouvernement entend remettre « tous les sujets sur la table » : retraites, santé et assurance chômage, notamment. Jean Castex entend toutefois distinguer deux chantiers : d’une part, la création d’un « système de retraite plus juste qu’attendent de leur voeux tous les Français » ; et d’autre part, la gestion de « l’équilibre du système actuel ». La crise économique — avec l’arrêt presque généralisé de l’activité pendant le confinement — impose à l’Etat de revoir sa copie. « La situation financière de ce système [de retraites, NDLR] n’est pas tout à fait la même depuis qu’il subit lui aussi de plein fouet l’impact de la crise économique », prévient Jean Castex.

Incertitudes pour l’emploi

Cette volonté affichée de l’exécutif ne fait pas l’unanimité chez les partenaires sociaux, rappelle Reuters. Ce sujet est-il vraiment prioritaire, quand l’économie française accuse le choc de la crise sanitaire ? Dans une note publiée début juin, la Banque de France estime que la France devrait perdre 10 % de PIB en 2020. Après le passage à vide de la fin de l’année, l’institution estime toutefois que « 2021 et 2022 seraient des années de redressement net mais progressif ». La France ne devrait pas retrouver son niveau d’activité de fin 2019 avant mi-2022… Ceci sans compter le risque d’une deuxième vague de contaminations à l’automne. La pandémie reste vivace aux Etats-Unis et en Amérique du Sud.

A court terme, Jean Castex devra d’abord composer avec les conséquences économiques immédiates de la crise sanitaire. Il pourrait ainsi repousser la réforme de l’assurance chômage. Les nouvelles règles — dont l’application a déjà été repoussées à cause de la pandémie — devraient en théorie entrer en vigueur le 1er septembre prochain. « On a senti chez le Premier ministre hier une ouverture pour dire « on peut la décaler » en attendant de voir ce que seront vraiment (…) les conséquences de cette crise sanitaire sur l’explosion des chiffres du chômage », a déclaré Laurent Berger, secrétaire général de la CFDT, ce vendredi 10 juillet sur France Info. A suivre…

Mathilde Hodouin - Le Courrier Financier

Rédactrice en chef

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