France : après le Covid, comment financer le plan de relance européen ?

Actualités - Cette semaine, l'Union Européenne (UE) a voté son plan de relance de 750 milliards d’euros, pour relancer l'économie de son marché unique après la crise du coronavirus. La France devrait récupérer 40 milliards d'euros, sous forme de subventions. Avec quelles nouvelles recettes fiscales l'UE va-t-elle financer son ambitieux plan de relance ? Le point avec Le Courrier Financier.

France : comment financer le plan de relance européen ?

(Conception : Mathilde Hodouin – Réalisation : Amandine Victor)

La rentrée de septembre pourra se faire sous le signe de la reprise. Ce mardi 21 juillet à l’aube, les dirigeants des Vingt-Sept se sont accordés sur le plan de relance européen. Afin de surmonter les répercussions économiques de la crise sanitaire liée au coronavirus, l’Union européenne (UE) met sur la table 750 milliards d’euros. Cette somme se répartit entre 390 milliards d’euros de subventions et 360 milliards d’euros de prêts, précise Reuters. « Pour la première fois de son histoire, l’Europe accepte de lever de la dette en commun », s’est félicité Bruno Le Maire, ministre de l’Economie, des Finances et de la Relance, sur franceinfo.

40 milliards pour la France

D’après le ministre, cet accord « historique » constitue l’acte de naissance d’une nouvelle Europe, « plus solidaire, plus verte et puis plus franco-allemande ». La France va obtenir 40 milliards d’euros de subventions issus de ce plan de relance européen, « que nous allons pouvoir ajouter à l’argent du budget français (…) à l’intérieur des 100 milliards » prévus pour le plan de relance national », a déclaré Bruno Le Maire. Favorable à l’abandon de la règle de l’unanimité au profit de la majorité qualifiée pour les décisions sur la fiscalité, le ministre a plaidé une nouvelle fois pour une accélération des processus de décision des instances de l’UE.

« La relance c’est maintenant, il n’y a pas un instant à perdre », ajoute Bruno Le Maire. Malgré les mesures de soutien du Gouvernement — chômage partiel, prêts garantis par l’Etat (PGE), etc. —, les deux mois de confinement ont fortement pénalisé le PIB français. Au-delà de ces dispositifs, le dernier volet des mesures de relance nationale s’intègrera dans le plan de relance de 100 milliards d’euros. Il sera présenté le 24 août prochain, en conseil des ministres. Le texte inclura des dépenses pour la formation des salariés, pour l’investissement des entreprises, ainsi que pour la transition écologique — à hauteur de 30 % — indique Bruno Le Maire.

Vers une taxe numérique ?

Si l’Europe a su parer au plus pressé pour préserver son économie, reste la question du financement de ce plan de relance exceptionnel. « Ce n’est pas le contribuable français qui le paiera », a temporisé Emmanuel Macron, qui s’exprimait sur TF1-LCI ce mardi. Les 750 milliards d’euros seront financés par de nouvelles recettes fiscales propres à l’UE. « Nous nous sommes engagés justement dans ce même accord à créer de nouvelles ressources propres. C’est-à-dire de pouvoir au niveau européen lever un impôt sur les grandes entreprises et les acteurs internationaux qui ne jouent pas le jeu de nos politiques », a expliqué le Chef de l’Etat.

En mai 2020, la Commission européenne évoquait déjà une taxe sur les emballages plastiques, et une taxe carbone sur les importations. L’UE étudie également une nouvelle taxe sur les entreprises, qui pourrait rapporter 10 milliards d’euros par an. Cela représenterait moins de 0,2 % du chiffre d’affaire de sociétés concernées. Cette taxe pourrait entrer en vigueur dès 2024. Par ailleurs, Emmanuel Macron a parlé ce mardi d’une « taxe numérique pour les grands acteurs internationaux du numérique qui aujourd’hui ne paient pas d’impôts (…) dans les mois et les années qui viennent ». De quoi refroidir encore les relations avec Donald Trump ?

Mathilde Hodouin - Le Courrier Financier

Rédactrice en chef

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