COP26 : l’horizon fumeux de la fin du charbon thermique

Actualités - Cette semaine, les dirigeants de la planète sont réunis à Glasgow en Ecosse (Royaume-Uni) pour la conférence de l’ONU sur le climat, la COP26. Objectif, réduire les émissions mondiales de gaz à effet de serre. Le charbon est une cible de choix, mais certains pays producteurs et consommateurs — la Chine en tête — ne l'entendent pas de cette oreille.

COP26 : l'horizon fumeux de la fin du charbon thermique

(Conception : Mathilde Hodouin – Réalisation : Amandine Victor)

Le charbon brûle-t-il de sa dernière flamme ? Ce jeudi 4 novembre dans le cadre de la COP26, une coalition de 190 pays s’engage à sortir peu à peu du charbon thermique. Parmi les signataires, figurent des pays émergents comme le Vietnam, l’Egypte, le Chili ou encore de gros consommateurs de charbon, comme la Pologne. Ils s’engagent à ne plus investir dans de nouvelles centrales à charbon, et à éliminer la production d’électricité à base de charbon — à partir de 2030 pour les pays développés, et à partir de 2040 pour les pays émergents. Mais les gros mondiaux pollueurs comme l’Inde, l’Australie ou la Chine n’ont pas signé l’accord.

Les contradictions de la Chine

La Chine maintient une position ambiguë. L’empire du Milieu n’investira plus dans de nouvelles centrales thermiques à l’étranger, mais sans supprimer les centrales sur son territoire. La Chine reste aujourd’hui le premier pays consommateur de houille au monde… et la relance post-Covid n’arrange rien. La Chine affronte aujourd’hui de grosses pénuries d’électricité. Or charbon représente près de 60 % de la consommation électrique chinoise, rappelle l’AFP. Pour remédier aux pénuries et soutenir la relance, Pékin a augmenté ce mercredi 3 novembre d’un million de tonnes ses objectifs de production quotidienne de charbon.

Depuis la mi-octobre, la Chine produit plus de 11,5 millions de tonnes de charbon par jour, d’après les chiffres de la Commission nationale du développement et de la réforme (NDRC). Comment le pays parviendra-t-il à remplir la promesse du président Xi Jinping, qui souhaite réduire le bilan carbone de son pays avant 2030 ? Ce mercredi, la NDRC a publié de nouveaux objectifs concernant la consommation de charbon. D’ici 2025, les centrales électriques devront réduire leur consommation à 300 grammes de charbon standard par kilowatts par heure (kWh) en moyenne. Objectif, rappeler au monde que la Chine tient compte des enjeux climatiques.

Le charbon, c’est tabou ?

Le chemin à parcourir est encore long. Aujourd’hui, le monde compte encore 8 500 centrales à charbon en activité. Le charbon représente plus du tiers (37 %) de la production d’électricité mondiale. Un état des lieux très préoccupant pour la planète, car le charbon reste le plus polluant des combustibles. Sa combustion génère notamment du dioxyde de carbone (CO2), célèbre gaz à effet de serre (GES) et principal responsable du changement climatique. La fermeture des centrales à charbon représente donc une étape clé pour limiter le réchauffement des température à 1,5 degré au-dessus de leurs niveaux pré-industriels.

« Si le charbon est si populaire dans nombre de pays en voie d’industrialiation, c’est entre autre parce que c’est une source d’énergie domestique, peu chère, et pilotable. Dès lors, demander à des pays en plein développement de se priver de cette ressource qui se trouve dans leur sous-sol sans leur fournir les moyens de s’en passer est illusoire. C’est pourquoi nous devons financer leur déploiement d’énergies renouvelables et leur fournir la technologie pour y parvenir », réagit David Czupryna, responsable du développement ESG chez Candriam.

Mathilde Hodouin - Le Courrier Financier

Rédactrice en chef

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