Conseil de l’Europe : Angela Merkel, une présidence à l’épreuve du Brexit

Actualités - Cette semaine, l'Allemagne prend la présidence tournante du Conseil de l'Europe. Quel calendrier se dessine, entre le Brexit, le plan de relance post coronavirus et les impératifs écologiques ?

Europe : Angela Merkel, une présidence à l'épreuve du Brexit

(Conception : Mathilde Hodouin – Réalisation : Amandine Victor)

Fin 2020 s’annonce délicat pour l’Union Européenne (UE). Ce lundi 29 juin, l’Europe et le Royaume-Uni ont inauguré cinq semaines d’intenses négociations, en vue de l’imminence du Brexit. Les Britanniques cesseront d’appliquer les règles européennes à compter du 31 décembre prochain… Que les deux parties aient ou non réussi à s’accorder sur leurs futures relations juridiques, économiques et commerciales. Un « no deal » fragiliserait un peu plus une économie européenne déjà plombée par le coronavirus, rappelle l’AFP. Sous ces auspices préoccupantes, l’Allemagne a débuté ce mercredi 1er juillet sa présidence du Conseil européen.

Accorder ses violons

Angela Merkel n’a pas perdu de temps pour prononcer une mise en garde. « Je continuerai à préconiser une bonne solution, mais nous, dans l’UE, devons nous préparer pour le cas où un accord ne serait pas conclu », a prévenu la chancelière ce mercredi devant la chambre des députés allemands. Si le gouvernement du Royaume-Uni assure vouloir « travailler de manière constructive » avec l’UE, il se dit également prêt « à faire face à l’une ou l’autre éventualité à la fin de l’année ». En l’absence d’un accord de libre-échange, ce sont les règles de l’Organisation mondiale du commerce (OMC) — droits de douane élevés et contrôles poussés — qui s’appliqueront.

Le dossier du Brexit s’ajoute à la crise économique du coronavirus. De quoi apporter de l’eau au moulin du couple franco-allemand ? « Dans une situation extraordinaire, nous avons besoin de solutions spéciales pour que l’Europe puisse sortir renforcée de cette crise extraordinaire », a déclaré Angela Merkel. Les 17 et 18 juillet prochains, les dirigeants des 27 Etats membres ont rendez-vous à Bruxelles. Ce sommet s’annonce décisif pour l’avenir de l’Europe. Le plan de relance — initié par la France et l’Allemagne — repose pour la première fois sur des fonds empruntés en commun par l’UE. Ce serait un pas de plus vers le fédéralisme budgétaire.

Horizon, la relance verte

Dès ce lundi 29 juin, Angela Merkel et Emmanuel Macron ont annoncé leur volonté de parvenir à un accord sur le plan de relance dès cet été. Sans doute une sage précaution, compte tenu de la possibilité d’une deuxième vague de contaminations à l’automne. Mais pour obtenir un résultat, la France et l’Allemagne devront venir à bout des réticences de plusieurs pays du Nord de l’Europe. Ces Etats dits « frugaux » — Autriche, Pays-Bas, Danemark, Suède — restent partisans de l’orthodoxie budgétaire. Réticents à l’idée de simples transferts budgétaires, ils préfèrent l’option de prêts remboursables aux Etats les plus touchés.

Le couple franco-allemand devra également composer avec la relance verte — surtout après la poussée écologiste en France aux dernières municipales. Pendant son échange avec Angela Merkel ce lundi, le président français a proposé de « rehausser » les objectifs de réduction des émissions de gaz à effet de serre d’ici 2030 et de veiller à ce que « les plans de relance, européen et nationaux, respectent ces objectifs », rapporte Reuters. « Il me semble essentiel que l’argent qu’apportera l’Europe aux pays qui font leur transition écologique soit strictement conditionné à des engagements climatiques précis, à commencer par la neutralité carbone en 2050 », a-t-il ajouté.

Mathilde Hodouin - Le Courrier Financier

Rédactrice en chef

Voir tous les articles de Mathilde