Brexit : la stratégie de Theresa May pour éviter le « no deal »

Actualités - Les négociations sur le Brexit se poursuivent entre le Royaume-Uni et l'Union Européenne. La première ministre Theresa May compte différer le vote des députés au 12 mars prochain, le temps d'obtenir des concessions de l'Union Européenne. Pour éviter d'arriver à un « no deal » le 29 mars prochain, les parties en présence n'excluent pas de s'accorder un nouveau délai.

Brexit : Theresa May pourra-t-elle éviter le "no deal" ?

(Conception : Mathilde Hodouin – Création : Charlotte Thomas)

Le 29 mars prochain, le Royaume-Uni sortira de l’Union Européenne. Les négociations se poursuivent pour éviter un Brexit sans accord. Les Européens tentent de déclencher une prise de conscience à Londres. Jean-Claude Juncker, Président de la Commission Européenne, a déclaré jeudi 21 février qu’il ressentait une « fatigue du Brexit » et qu’il n’était « pas très optimiste » sur la possibilité de parvenir à un accord.

Dimanche 24 février, Theresa May, Premier ministre du Royaume-Uni, a déclaré qu’elle comptait différer « d’ici au 12 mars » le vote des députés britanniques sur l’accord sur le Brexit. Cette annonce a déclenché une levée de boucliers outre-Manche. Les opposants de la Première ministre l’accusent de repousser le vote afin de les obliger à valider l’accord que le Parlement britannique avait rejeté en janvier dernier.

Le Parlement soutient la nouvelle stratégie de Theresa May

La décision de Theresa May semble avoir éloigné le risque d’un « no deal». Ce mercredi 27 février, le Parlement britannique a voté massivement en faveur de la nouvelle stratégie de Theresa May. Pour éviter la démission de plusieurs membres de son gouvernement opposés à un divorce sans accord, la première ministre a dû se résoudre à entériner la possibilité d’un report du Brexit. Donald Tusk, Président du Conseil européen, n’exclut pas d’accorder un nouveau délai au Royaume-Uni.

La nouvelle stratégie de Theresa May consiste à soumettre une nouvelle fois l’accord aux membres du Parlement, d’ici le 12 mars prochain. Entre temps, elle espère obtenir des concessions de Bruxelles, notamment sur les tarifs douaniers à la frontière entre la République d’Irlande et l’Irlande du Nord. En cas de nouveau refus des députés, la première ministre leur demandera le 13 mars s’ils souhaitent une sortie sans accord. S’ils répondent non, elle leur présentera le 14 mars un projet de report « court et limité » du Brexit. Theresa May pense que ce répit ne devrait pas durer au-delà des prochaines élections européennes, qui se tiendront entre mai et juin 2019.

Mathilde Hodouin - Le Courrier Financier

Rédactrice en chef (depuis janvier 2019)

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