BCE : Christine Lagarde maintient le cap face à l’inflation

Actualités - Ce jeudi 19 janvier au Forum de Davos, Christine Lagarde (présidente de la BCE) a déclaré que la BCE maintiendrait le cap du resserrement monétaire face à l'inflation en zone euro dans les mois à venir. Comment les marchés financiers réagissent-ils ? Le point avec Le Courrier Financier.

BCE : Christine Lagarde maintient le cap face à l'inflation

Conception Mathilde Hodouin – Réalisation Amandine Victor

Douche froide pour les marchés financiers. Ce jeudi 19 janvier, Christine Lagarde s’est exprimée sur la politique monétaire de la Banque centrale européenne (BCE) dans le cadre du Forum économique mondial de Davos (Suisse). « Nous maintiendrons le cap jusqu’à ce que nous soyons entrés en territoire restrictif suffisamment longtemps pour pouvoir ramener l’inflation à 2 % dans un délai raisonnable », déclare-t-elle. En d’autres termes, la BCE va procéder à plusieurs hausses de 50 points de base dans les mois à venir. La BCE a relevé ses taux directeurs quatre fois depuis juillet 2022, remontant le taux de dépôt de -0,50 % à 2 %.

Des anticipations de marches irréalistes ?

Pour motiver sa décision, Christine Lagarde invoque une inflation beaucoup trop élevée en zone euro. D’après Eurostat, le taux d’inflation annuel de la zone euro s’établit à 9,2 % en décembre 2022 — contre 10,1 % en novembre. La BCE se place ainsi dans le sillage de la Réserve fédérale américaine (Fed). La détermination des banques centrales à poursuivre leur politique de resserrement monétaire, en dépit des risques de récession, inquiète les investisseurs. Les commentaires de plusieurs banquiers centraux donnent un coup de frein au rallye sur les actifs risqués en ce début d’année 2023, souligne Reuters.

Membre du Conseil des gouverneurs de l’institut de Francfort (Allemagne), Klaas Knot considère que les marchés évaluent mal les futures hausses de taux d’intérêt. « Au moins jusqu’au milieu de l’année, nous serons en mode resserrement », rappelle-t-il ce jeudi sur CNBC. « La forme d’évolution du marché que j’ai vue au cours des deux dernières semaines environ n’est pas du tout celle souhaitée », souligne-t-il. Les marchés estiment que le taux de dépôt de la BCE devrait culminer à environ 3,2 % d’ici le milieu de l’année. Ils anticipent une hausse de du coût du crédit en février, mais restent partagés sur celle de mars.

Une année 2023 meilleure que prévu

Ce jeudi 19 janvier à 12h30, la BCE a publié le compte-rendu de sa dernière réunion de politique monétaire. Avec cette nouvelle boussole entre les mains, les anticipations de marché vont-elles retrouver en cohérence ? En tout les cas, les marchés boursiers rebondissent ce vendredi 20 janvier. En dépit des inquiétudes liées à l’économie américaine, les investisseurs s’appuient sur l’espoir d’un redémarrage de la Chine qui dynamiserait la croissance mondiale. A l’ouverture de la séance, les places européennes repartent de l’avant à Paris (+0,48 %), Francfort (+0,46 %), Londres (+0,37 %) et Milan (+0,75 %).

La fin de la politique zéro Covid alimente l’optimisme des opérateurs de marché. « La conjugaison de la reprise rapide de la mobilité et d’un nouvel assouplissement de la réglementation de l’immobilier et des grandes technologies suggère que la reprise de la Chine pourrait se produire plus tôt et plus fort que prévu à partir du premier trimestre de cette année », assure Cosmo Zhang, analyste chez Vontobel. En Europe, l’horizon aussi pourrait s’éclaircir. L’activité en zone euro devrait être « bien meilleure » que prévu en 2023 d’après Christine Lagarde, même si cette année « ne sera pas brillante ». Le calme après la tempête ?

Mathilde Hodouin - Le Courrier Financier

Rédactrice en chef

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