La valeur des transactions de fusac dans le secteur de l’assurance s’envole en 2017

Assurance - La volonté de se doter d’une marque forte sera la principale motivation des opérations de fusion-acquisition au cours des trois prochaines années, selon une enquête de Willis Towers Watson.

En cette période de forte incertitude politique, les transactions sont moins nombreuses, mais celles qui sont réalisées sont d’un montant plus élevé que par le passé, selon une enquête menée conjointement par Willis Towers Watson et Mergermarket. Dans le cadre de cette enquête, sept répondants sur dix (68 %) ont indiqué que le renforcement de la marque serait le principal moteur des opérations de fusion-acquisition au cours des trois prochaines années, reflétant la transition vers un modèle commercial orienté autour du digital, qui nécessite une marque forte et reconnaissable.

La valeur des transactions, tous secteurs confondus, a augmenté de 8,4 % au premier semestre 2017, tandis que les volumes ont chuté de 12,3 %. Cette tendance se retrouve dans le secteur de l’assurance, où le volume des transactions a chuté de 17,7 % par rapport au premier semestre 2016, tandis que la valeur a augmenté de 170 % sur la même période. La majorité des répondants (78 %) pensent procéder à une ou deux acquisitions dans les trois prochaines années, alors qu’ils sont 90 % à l’avoir fait ces trois dernières années.

La ventilation des transactions par taille confirme cette tendance favorable aux opérations de grande envergure et aux « méga-transactions ». En 2016, seulement 14 transactions d’une valeur supérieure à 500 millions de dollars ont été recensées. Pour le seul premier semestre 2017, on en compte déjà 11. Cette tendance est en ligne avec les résultats de l’enquête, qui montrent que 17 % des entreprises pensent qu’au moins une de leurs acquisitions des trois prochaines années sera une opération d’envergure, alors que 8 % ont procédé à une acquisition majeure ces trois dernières années.

Les entreprises qui ont le plus acheté par le passé affichent les plus fortes velléités d’acquisition pour l’avenir. Parmi les entreprises qui ont réalisé entre une et deux opérations au cours des trois dernières années, 81 % pensent procéder au même nombre d’acquisitions à un horizon de trois ans. Parmi celles qui ont bouclé entre trois et quatre opérations au cours des trois dernières années, 44 % pensent en réaliser au moins trois autres d’ici trois ans.

« Cela semble montrer que l’activité continuera à être tirée par les « acquéreurs en série » et par les acteurs qui ont animé le marché ces dernières années, et non par des acteurs qui sont restés dans l’expectative ces dernières années », commente Guillaume Bénéteau, Directeur France Insurance Consulting & Technology chez Willis Towers Watson. « Un certain nombre d’entreprises ont réalisé d’importantes acquisitions ces deux dernières années et étaient en phase d’intégration. Une fois cette intégration terminée, elles seront libérées des considérations internes et pourront revenir sur le marché des fusions-acquisitions. »

La force de la marque

La principale motivation pour les candidats à l’acquisition au cours des trois prochaines années sera la perspective de se doter d’une marque forte. Cette situation reflète l’impact que la technologie – et Internet en particulier – a eu sur le secteur, Internet étant le principal réseau de distribution pour les assureurs.

La transition vers un modèle commercial orienté autour du digital suppose une marque forte et reconnaissable. Cela peut être aussi important qu’une politique de prix compétitive, que la capacité de réinventer l’entreprise via une acquisition majeure et qu’une stratégie de « rebranding » visant à donner aux consommateurs une nouvelle image de l’entreprise. Les taux d’assurance relativement faibles de la génération des « millennials » vont par ailleurs contraindre les assureurs à redoubler d’efforts pour attirer des clients, ce qui renforce la valeur d’une stratégie de marque efficace.

Si seulement 17 % des répondants indiquent que les fusions-acquisitions ont généré une croissance annuelle du bénéfice par action supérieure ou égale à 3 % au cours des trois dernières années, les acteurs du marché sont plus optimistes pour l’avenir. Plus de la moitié (52 %) des entreprises pensent que les fusions-acquisitions contribueront à doper ce taux de croissance dans les trois prochaines années. Un peu moins des deux tiers (63 %) pensent que les fusions-acquisitions généreront une croissance bénéficiaire de l’ordre de 2 à 3 % à l’avenir.

D’après les résultats de l’enquête, un peu plus de la moitié des entreprises ont mis en place une stratégie d’optimisation du capital, ce qui veut dire que plus de deux entreprises sur cinq n’ont toujours pas de stratégie pour déterminer comment utiliser au mieux leurs capitaux. À l’heure où s’opère un recentrage sur les considérations stratégiques et la croissance, l’analyse de Willis Towers Watson montre que les assureurs auraient tout intérêt à consacrer des ressources à l’optimisation du capital et à réfléchir à l’utilisation la plus efficiente des capitaux pour créer de la valeur.

« Devant composer à la fois avec la croissance atone des primes, la faiblesse des taux d’intérêt et le poids de la réglementation, les assureurs doivent veiller à faire l’usage le plus efficient possible de leurs capitaux », indique Guillaume Bénéteau. « Ceux qui définissent le mieux leurs objectifs stratégiques – et qui réfléchissent à la manière dont la gestion de leurs capitaux et leur politique de fusions-acquisitions peuvent servir ces objectifs – auront les meilleures chances de succès. »

La Rédaction - Le Courrier Financier

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