L’entrée en vigueur du MiFID 2 pourrait transformer en profondeur les marchés financiers européens

Asset Management - Pour les gérants, la période est aux « perspectives 2018 ». L’équivalent de ce que la plupart des gens nomment « les vœux ». Et l’une des techniques les plus répandues pour définir ces vœux consiste à prolonger de nombreuses tendances déjà en place. Ce qui amène à des perspectives généralement haussières pour les marchés actions ou l’euro. Toutefois, cette année, l’exercice des vœux se voit sérieusement concurrencé par un autre exercice d’une toute autre ampleur, dont le nom seul laisse perplexe : Mifid 2.

La seconde directive sur les Marchés d’Instruments Financiers peine à faire les gros titres. Certes, avec 1,7 million de paragraphes, elle s’avère d’une lecture quelque peu aride et les crypto-monnaies captent bien mieux l’attention. Pourtant, au contraire des crypto-monnaies, la Directive concerne tout un chacun, qu’il soit client professionnel ou particulier, gérant, distributeur ou intermédiaire. La Directive régit les flux de commissions entre gérants et distributeurs. Elle réforme les obligations de transparence des coûts. Elle doit permettre de transférer des montants importants de transactions de gré à gré vers des marchés réglementés. Elle doit instaurer des normes plus strictes pour les produits d’investissement. En résumé, en ce début d’année, l’entrée en vigueur de Mifid 2 transforme en profondeur les marchés financiers en Europe, sur bien des points comme l’avait fait la réglementation britannique qui l’avait précédée de quelques années1. Dans le cas britannique, l’un des objectifs majeurs de la réforme était une transparence, mais aussi une baisse, des coûts pour l’investisseur particulier. La plupart des estimations indiquent que cet objectif n’a pas été atteint.

Difficile de trouver une classe d’actifs en baisse en 2017

Actions, obligations, matières premières, il y en a eu pour tout le monde. Pour les investisseurs en euros, cependant, la situation était plus nuancée, tant la vigueur de l’euro est venue éroder les rendements internationaux. Dans ce cadre, la dette émergente en devises locales a fait figure de parent pauvre des allocations au cours de l’année écoulée : malgré un rendement nominal extrêmement élevé, les pertes liées à la montée inexorable de l’euro, meilleure année contre le dollar depuis 2003, ont eu raison de tout rendement positif. Faut-il pour autant se décourager en vue de 2018 ? Les obligations émises par les Etats émergents dans leur devise nationale présentent selon nous de nombreux intérêts : de la diversification, un rendement élevé et un comportement de couverture macro au cas où des soubresauts politiques venaient remettre en question la pérennité de la zone euro. Le principal risque pourra venir d’une réserve fédérale américaine potentiellement plus restrictive face à l’envolée du prix des actifs financiers et une croissance économique américaine en excellente santé, qui pourrait encore surprendre positivement. Mais, dans un environnement où les obligations à taux négatifs sont légion, prendre une position modérée dans une classe d’actifs à très haut rendement fait du sens. Quant à la dette émergente en dollars, les rendements ne semblent pas suffisants pour justifier une allocation significative.

Entamée sur des séances très généralement positives, l’année 2018 démarre dans un climat porteur. En attendant que les conditions de liquidité ne se restreignent, les investisseurs peuvent profiter de cet environnement favorable : BCE ou Réserve Fédérale américaine, les banques centrales détiennent, une fois encore, les clés pour une nouvelle bonne année.

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