L’attente du Nil monétaire

Asset Management - Plus les banques centrales lancent leurs fameux « quantitative easing » et plus les comparaisons avec la météo et l’agriculture se multiplient.

Les révolutionnaires français considéraient que, comme le Nil, les Assignats étaient un flot riche et généreux porteur de récoltes et de richesses. De nos jours, il paraît que les uns attendent que le Nil monétaire de la Fed et de la BCE nous apporte les bienfaits que nos compatriotes d’autrefois attendaient du roi des fleuves. Mais il parait aussi, selon les autres, que ces flots de monnaies se répandent sur l’économie des pays occidentaux comme les pluies torrentielles dans le sud de la France. Au lieu de s’enfoncer dans la terre généreuse, les voilà qui dévalent sur des terres qui se refusent à être fertilisées. La terre se rebelle et le limon n’est plus que de gadoue.

L’économie est-elle devenue cette terre ingrate et hostile ? Ou bien, on se tromperait sur ceux qui doivent labourer et cultiver en usant les flots déversés. On se tromperait aussi sur leur nombre. Y a-t-il tant d’entrepreneurs pour prendre cet argent et mettre en valeur leurs projets ? les flux monétaires passent par les banques. Est-on sûr qu’elles sont prêtes à répartir les fleuves de monnaie entre les demandeurs de capitaux ?

La monnaie dévale et parfois stagne, formant des mares putrides. Tout s’inverse. L’argent ne passionne plus grand monde. On voit même qu’il faut payer pour devenir créancier. Les taux sont devenus négatifs. Les épis de blé rentrent sous terre.

Pascal Ordonneau

Banquier, polémiste, économiste, humaniste, théoriste, et volontariste.

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